Les puits

12/2/2012

RH

 

NOS PUITS

 

 

Les puits disparaissent progressivement de notre paysage.

Le dernier que nous ne verrons plus se trouvait rue Saint-Victor à Hautebraye. Comme beaucoup, celui-ci servait jadis à plusieurs familles des maisons avoisinantes . Il s’offrait au regard des passants qui avaient toujours connu sa margelle, ne peuvent que regretter sa disparition derrière un haut mur.

Souvent creusés à de grandes profondeurs (jusqu’à plus de 60 mètres au Tiolet), ils étaient indispensables avant l’avènement des adductions d’eau . Avec l’eau au robinet, on délaissa les puits, puis certains furent dallés ou comblés, le plus souvent sans autre raison que de faire place nette .

Les puits servent trop souvent de dépotoir . Comment s’étonner alors qu’on demande leur suppression . Des propriétaires de puits en ont fait, qui un puisard, qui des WC économiques,… polluant ainsi les nappes d’eau qui communiquent entre elles . Quelle ignorance et quel mépris pour ce qui se passe sous terre !

Fort heureusement ceci devient rare et, maintenant nombreux sont ceux qui entretiennent, protègent et même fleurissent ces vieux puits, qu’ils soient communaux ou qu’ils leur appartiennent.

Les puits offrent une grande variété d’architecture .

Ces bâtiments, destinés à la protection de l’eau et à sa remontée, étaient réalisés avec le goût du travail bien fait : rationnels et fonctionnels dirait-on aujourd’hui, en tout cas bien réfléchis souvent ingénieux . Il y a un rapport direct entre la façon de bâtir les maisons et les puits d’une même localité : même matériaux locaux, à une époque où on utilisait ce qu’on avait sur place, ici la pierre, là du bois, ailleurs de la brique, parfois deux matériaux . Leur forme est souvent de plan carré, mais dans notre région les puits ronds sont les plus fréquents . Suivant la profondeur de l’eau, les manivelles sont doubles . Ce sont les femmes et les enfants qui allaient chercher de l’eau pour les besoins ménagers.

Les villages sont faits de l’église, du château, des bâtiments publics , des habitations, mais aussi des puits, lavoirs, pigeonniers, mares…. Tout cela forme un tout .

En ce qui concerne nos modestes puits, creusés à main d’homme à de si grandes profondeurs, c’est un véritable gaspillage que de supprimer quelque chose qui n’est ni laid, ni encombrant et qui pourrait encore être utile !

Pourquoi aimer les vieux meubles, collectionner les moulins à café et toutes sortes d’objets qui nous parlent des hommes qui nous ont précédés et de ne pas garder ces humbles architectures, véritables forme d’archéologie vivante ; ils peuvent encore servir si, comme pour les vieux meubles, on se donne la peine de les entretenir d’autant que l’eau des puits est analysée chaque année pour contrôler la qualité des eaux captées que nous buvons.

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