Un épisode inconnu de la grande guerre

5/2/2012

par Remi  Hébert

 

Un épisode inconnu de la Grande Guerre

Janvier 1915, la bataille d’Autrêches est terminée .

Deux mille soldats français et quelques centaines d’allemands ont été tués, blessés ou ont disparu dans cette bataille . Désormais Autrêches est partagée par un réseau dense de barbelés et de tranchées ; la guerre de position est commencée.

Le dimanche 17 janvier 1915 s’annonce calme .

A proximité de la route de Saint-Victor à l’Hermitage, à quelques dizaines de mètres des tranchées allemandes, se trouve un poste d’écoute avancé relié à la tranchée française par un boyau de 80 cm de large . Ce poste est occupé par quatre « pépères » (ainsi nommés parce qu’ils avaient atteint la quarantaine) de la 6ème Compagnie du 54ème Régiment d’Infanterie Territoriale .

Quelques allemands, en rampant, surprennent les quatre hommes, en font prisonnier deux, blessent le troisième tandis que le quatrième réussit à s’enfuir ; peu après les Allemands regagnent leurs lignes et tout redevient calme .

Pas pour longtemps cependant car du côté français on s’alarme : le téléphone ne cesse de retentir et les nouvelles les plus contradictoires circulent et s’amplifient à l’arrière… L’état-major imagine que les Allemands ont percé notre front et qu’une offensive est commencée..

Aussi les canons de Mouflaye, du Chapeaumont, de Montigny-Lengrain se mettent-ils à bombarder massivement les lignes allemandes de Saint-Victor et d’Autrêches (hélas, certains tirs trop courts font des ravages dans les tranchées françaises…).

Le 14ème Régiment de Chasseurs à cheval est envoyé précipitamment au dessus d’Hautebraye pour prêter main forte aux territoriaux et au 170ème Régiment d’Infanterie que l’on croyait en difficulté . L’état-major fait même venir d’urgence 8.000 hommes en renfort .

Tout ce remue ménage inquiète les allemands qui –à leur tour- croyant à une offensive générale font donner leur artillerie lourde . Il faut attendre la nuit pour que le calme revienne de part et d’autre, tandis qu’un communiqué annonçait à la France entière qu’à Autrêches nos troupes avaient victorieusement repoussé 2 attaques ennemies .

Cette version officielle des faits n’empêcha pas peu après, le limogeage des colonels des 54eme Régiment d’Infanterie Territoriale et du 170ème Régiment d’Infanterie pour leur manque de sang froid….

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