Centenaire de la bataille d’Autrêches

20/10/15

                                    

Commémoration du Centenaire de la bataille d’Autrêches

20 septembre 1914 – 20 septembre 2014

 

 

Le 20 septembre 1914, bien avant le lever du jour, des milliers de soldats allemands déferlèrent sur Autrêches. Ainsi débuta la bataille d’Autrêches.

 

Les Français, également en nombre, leur résistèrent courageusement, défendant chaque pouce de terrain, chaque rue, chaque maison. Toute la journée les combats furent acharnés et très meurtriers. Lorsqu’ils prirent fin au soir, la ligne de front coupait la commune en deux et ce pour plusieurs années.

 

Un siècle plus tard, jour pour jour, nous nous sommes employés à ce que cette terrible bataille soit commémorée avec un éclat tout particulier.

 

Et ce fut le cas. Le 20 septembre 2014, les Autrêchois de tous âges sont venus très nombreux rejoindre les autorités civiles et militaires, les élus, les porte-drapeaux et aussi, arrivant de toute la France, les enfants et petits-enfants de soldats ayant combattu à Autrêches un siècle plus tôt.

 

L’armée française avait tenu à être présente avec la participation exceptionnelle des militaires du 35ème régiment d’infanterie venus sur les traces de leurs glorieux prédécesseurs. Le détachement vint tout spécialement de Belfort avec le drapeau de son régiment.

 

La cérémonie s’est déroulée en plusieurs lieux et a comporté plusieurs volets :

 

  • L’inauguration du chemin du 35ème par Madame Duprat, Messieurs Droz et Mermet, tous trois descendants de « Poilus » de ce régiment.
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  • L’inauguration par les membres de sa famille de la stèle en mémoire d’Emile Greusard, soldat du 60ème disparu le 20 septembre 1914
  • L’hommage aux morts de la commune avec l’allocution du maire M. J-C Létoffé et le dépôt de gerbes au monument communal
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  • L’inauguration du mur-mémorial au pied de l’église dans l’espace dédié à la Paix en présence de Monsieur Hubert Vernet, sous-préfet de Compiègne.

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  • La plaque du mur-mémorial a été dévoilée par Messieurs Jean-Roger Perrot, Maraux et du Port de Loriol, tous quatre descendants de «Poilus » morts à Autrêches le 20 septembre 1914, exactement un siècle auparavant. Grand moment d’émotion aussi lorsque les enfants d’Autrêches vinrent un à un, planter leur petit drapeau au pied du mur-mémorial où J-R Perrot avait auparavant versé un peu de terre du village natal de son grand-père…Enfin, après l’inauguration d’un circuit pédestre menant sur les lieux des combats, la matinée s’est terminée par un lâcher de colombes.A midi, une cloche de l’église d’Autrêches sonna à toute volée. Il s’agissait de la cloche dédiée depuis 1934  « Au souvenir des morts de notre village et de tous les soldats tombés sur son territoire au cours de la Grande Guerre » ainsi que le rappelle l’inscription gravée sur sa robe. La réussite de la commémoration du centenaire de la bataille d’Autrêches ne fut possible qu’avec le concours actif de tous et tout particulièrement des enseignants d’Autrêches, de MM Pamart , Vatel et Lysick de l’association Soissonnais 14-18, et bien entendu du maire M. J-C Létoffé et de son adjointe Mme L. Lefevre qui contribuèrent efficacement avec quelques autres élus à l’organisation des célébrations.
  •  Loin des habituelles cérémonies rituelles ou protocolaires, incontestablement la commémoration du centenaire de la bataille d’Autrêches aura été un grand moment qui restera gravé dans la mémoire de tous ceux qui y participèrent. A leur propos et pour en connaître davantage, se reporter à l’étude détaillée mise sur ce blog «  Le sort tragique des habitants d’Autrêches durant les premiers mois de la Grande Guerre ». 

 

Autrêches: Dates clés pendant la Grande Guerre

Autrêches

dates clefs pendant la Grande Guerre

RH

                       1914

31 août (soir)                 Arrivée des Allemands qui bivouaquent quelques heures après le passage des Anglais.

13-14-15 septembre      Les Français reprennent successivement tous les hameaux.

20 septembre                 Grande offensive des Allemands qui réussissent à reprendre Autrêches,

                                        le plateau de St-Victor, Chevillecourt .

                                        Les Français gardent la partie Sud de la commune avec Hautebraye et le moulin de                                          Pont Fard.

                       1917

17 au 18 mars                 Départ dans la nuit des derniers Allemands (repli sur la ligne Hindenbourg).

18 mars                           Les Français réoccupent Autrêches .

                       1918

1er et 2 juin                     Retour offensif des Allemands qui occupent la totalité de la commune (Hautebraye inclus).

5 juin (au soir)               Les Français reprennent Hautebraye.

17 juin                             Les Français reprennent St-Victor et son plateau.

3 juillet au 16 août        Coups de mains et reconnaissances offensives Françaises pour tenter d’avancer plus avant.

17 août (à l’aube)          Conquête des crêtes au Nord d’Autrêches et de Chevillecourt.

18 août (à l’aube)          Reprise de l’assaut . Tout le plateau d’Autrêches et de Chevillecourt est enlevé .

Autrêches en ruines est définitivement délivré

                                                                                                                                                                                                                                              

Soldats de la Révolution et de l’Empire nés à Autrêches

 

Soldats de la Révolution et de l’Empire
nés à Autrêches

Le souvenir des soldats d’Autrêches morts au cours des conflits antérieurs à la guerre de 1870 est totalement estompé et leur nom n’est inscrit sur aucun monument. Aussi, me parait-il opportun de rappeler ici l’existence des 10 enfants de la commune morts au cours Tables décennales et de la période de guerres incessantes de la Révolution à la chute de l’empire. Il s’agit de :
• Jean-Louis Linehatte, fusilier à la 7è compagnie du 36è régiment, mort à l’hôpital de Mantes (78), l’an II ;
• Victor Vaillant, fusilier à la 1ère compagnie du 1er bataillon du 17è régiment, mort à 23 ans à l’hôpital d’Ostende (Belgique), l’an XII ;
• Pierre Chandelier, brigadier à la 7è compagnie du 3è escadron, mort à 29 ans, à l’hôpital de Verdun à la suite d’une phtisie pulmonaire, l’an XIII ;
• Louis-Maurice Tricot, fusilier à la 5è compagnie du 3è bataillon du 43è régiment d’infanterie légère, mort en 1807 à l’hôpital d’Ardre ;
• Antoine Louis Desplanches, fusilier à la 3è compagnie du 2è bataillon du 75è régiment, mort de ses blessures à l’hôpital d’Annel le 1er août 1809 ;
• Claude-Philippe Cerf, chasseur au 5è régiment d’infanterie légère, tué à la bataille de Wagram le 6 juillet 1809. Il avait remplacé, moyennant finances, le nommé Pierre-François Dafey ;
• Charles Cerf, dragon au 5è régiment, cantonné à Compiègne , à 20 ans ;
• Alexis Cerf, sergent à la 18è compagnie du 8è régiment du corps impérial d’artillerie, mort à l’hôpital de Vienne (Autriche) le 10 aout 1809, après avoir eu la cuisse emportée par un boulet à la bataille de Wagram le 6 juillet 1809 ;
• Pierre-Crépin Farget, fusilier la 2è compagnie du 5è bataillon du 82è régiment de ligne, mort à l’hôpital d’Auffredi de La Rochelle (17) , à 19 ans ;
• Antoine Mélaye, grenadier à cheval, 3è compagnie, mort à l’hôpital de la Garde impériale, à 35 ans.

Cette liste nominative montre bien à quel point les innombrables campagnes napoléoniennes furent meurtrières.
D’autres natifs d’Autrêches eurent davantage de chance et revinrent de leurs campagnes. Certains couverts de lauriers en reconnaissance de leur courage. Ce fut le cas de 3 grognards qui reçurent la Légion d’honneur. Il s’agit de :
• Pierre-André Chandelier, né le 25 mars 1773 à Autrêches. Fils d’un tailleur d’habits, Chandelier vivra 13 ans sous l’uniforme ce qui le mènera en Egypte et en Italie avec le 9è de ligne qu’il quittera avec le modeste grade de caporal. Vivant de sa petite pension chez lui à Autrêches, la Légion d’honneur lui fut décernée le 26 mai 1851 à 78 ans et peu avant sa mort ;

 

Document officialisant le remplacement de Victor Chandelier par un suppléant payé par lui.

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• Louis Jacquelin, né le 3 mai 1768 à Autrêches. Fils de manœuvrier, il fut incorporé au 2è régiment de dragons le 18 septembre 1793. Zélé et d’une grande bravoure, il y gravit rapidement les échelons hiérarchiques. De toutes les campagnes, il termine par celles d’Allemagne en 1808 et d’Espagne en 1809. Nommé sous-lieutenant le 7 novembre 1806, il est grièvement blessé à la bataille d’Iéna et au combat de Heilsberg où il plusieurs coups de sabre ce qui déclenche une fièvre aigüe. Il doit quitter l’armée compte tenu de la perte d’une partie de sa vue. Cela ne l’empêche pas de commencer une seconde carrière dans les douanes dans lesquelles il termine capitaine à Noirmoutier fin 1816. Il se retire à Autrêches et y décède peu après le 6 décembre 1819.

Il faut croire que les états de service de Jacquelin étaient particulièrement brillants puisqu’il fut dans les tout premiers à être décoré de la Légion d’honneur (5 novembre 1804) c’est-à-dire peu après la création de cette décoration ;

• Et de Joseph Leclerc (ou Le Clerc), né le 20 juin 1772 à Autrêches. Fils d’un manouvrier d’Hautebraye, il est incorporé le 26 pluviôse an II comme chasseur et participe à toutes les campagnes. Il participe aux batailles d’Austerlitz, d’Ulm, d’Iéna, d’Auerstedt, d’Eylau de Friedland d’Eckmühl, d’Essling, de Wagram, de Ratisbonne, d’Hohenlinden, à toutes les batailles de la campagne de Russie et de France. Grenadier à cheval de la Garde impériale, il termine sa vie militaire à Waterloo et quitte l’armée après plus de 21 ans sous l’uniforme. et après avoir reçu la Légion d’honneur le 16 août 1813.

Sources : Etat-civil d’Autrêches (relevé Nocq) et tables décennales ; base léonore.

La Libération

RH

30/12/13

La Libération

 Le 25 août Paris est libéré . L’Armée d’occupation reflue en direction du Nord et de l’Est .

Le 28 et 29 les troupes alliées traversent Villers-Cotterêts faisant souffler un extraordinaire vent de liberté sur leur passage .

Sur la départementale venant de Vic vers Morsain, un défilé continu de convois allemands se succède . Matériel hors d’usage, guimbardes aux roues décentrées accrochées les unes aux autres tirées par des chevaux fatigués, camions sans bâche, vélos, motos, gazogènes poussifs, tout ce qui peut rouler a été réquisitionné afin de permettre une possible retraite sinon rapide .

Les hommes ne sont pas plus brillants : uniformes râpés, élimés, délavés, bottes éculées . Où est-elle la fière armée Allemande ! En pleine déroute . Mais la retraite ne se fait pas sans drames, ainsi :

à Coeuvres le 29, furieux d’avoir essuyé des coups de feu, les Allemands prirent des otages dont deux furent fusillés en forêt de Compiègne.

à Nouvron, revenant à vélo de Fontenoy, brassard FFI au bras, Claude Demory tombe sur deux voitures allemandes . Il sera tué alors que son compagnon parviendra à s’enfuir : ces voitures sont alors attendues à Nouvron même, l’une parviendra à rejoindre Vézaponin tandis que l’autre sera arrêtée . Au cours du combat, un colonel russe qui avait rejoint le maquis, est tué .

au Bois des Chassis, entre Pontarcher et la Vache Noire, ce sont treize fusillés – FFI pour la majorité- qui seront à déplorer le 31 .

Vic est libéré le 1er septembre ; les Allemands avaient fait sauter le pont, mais la passerelle était restée intacte .

La population redescendant du bois de Chapeaumont, où elle s’était cachée, fête sa libération tandis que les Américains reprennent leur progression vers le Nord, c’est-à-dire vers Autrêches où fin août, un ordre est donné émanant d’un régiment stationné pour quelques heures à Autrêches  « Tous les hommes du pays doivent se rendre dans certaines caves et y être enfermés » .  Certains obtempèrent, d’autres se réfugient dans les bois environnants en emmenant les chevaux . A Hautebraye, un soldat allemand interpelle un nommé Coquatrix, mais le pauvre homme étant sourd n’entend pas l’ordre et est abattu sur place .

Le 31 août, après une brève fusillade, un déserteur allemand est grièvement blessé devant la ferme Baudin : il est transporté dans une maison de la rue des Champs . Pendant deux jours les convois allemands passent sur la départementale, à cent mètres de l’endroit où se trouve l’agonisant ; on tremble à l’idée des représailles qui ne manqueraient pas d’être exercées si le blessé venait à être découvert !

Tout ce qui était tissu bleu, blanc ou rouge se transforme en drapeau pour accueillir les libérateurs . La joie de la liberté retrouvée éclate dans l’allégresse . Ainsi finit la guerre dans notre région .

La Résistance à Autrêches et alentours

RH                                                                

30/12/13

La Résistance à Autrêches et alentours

  Jusqu’au printemps 1943 les activités clandestines s’étaient essentiellement limitées au recueil de renseignements par un nombre restreint de résistants . Mais à partir de cette période des groupes et des équipes furent constituées dans la majorité des communes de la région de Vic .

Début juillet 43, le secteur prend le nom d’OCM 138 et dispose de 190 hommes commandés par un résistant déjà chevronné : le capitaine Gabriel Cochet (que nombre d’entre nous ont côtoyé en ignorant son rôle essentiel dans la direction des actions de la résistance dans la région) .

Le secteur est solidement structuré par Gabriel Cochet qui peut compter en janvier 44 sur 240 hommes dont 13 officiers FFI. A Autrêches, l’équipe Baudot comprend 6 hommes (1) et relève du groupe de Nouvron commandé par le lieutenant Henri Brique, l’un des adjoints de Gabriel Cochet.

A cette date, il a déjà un certain nombre d’actions à son actif dont le sabotage de la distillerie de Confrécourt où 400.000 litres d’alcool prêts à être transformés en carburant en Allemagne allaient partir en fumée.

Grâce au matériel parachuté à 4 reprises et caché dans les carrières de Ressons et de Moulin sous Touvent, l’OCM disposait d’un matériel important pour participer aux combats de la Libération.

En attendant, les réseaux avaient réussi à récupérer et à convoyer 15 aviateurs alliés tombés dans la région. Quelques uns furent cachés dans la ferme du Tiolet, d’autres dans le café d’Hautebraye par la famille Denis-Surtel (2) affiliée au groupe de résistance d’Attichy commandé par le Dr Hervaux . C’est ainsi que dans la nuit du 22 au 23 avril 44, revenant du 3ème bombardement de Laon, un Lancaster  s’était écrasé au lieu-dit le Vaux Renard au dessus de Chevillecourt . Le seul survivant des huit membres d’équipage, Donald Lourtenay parvint à gagner une maison de la rue du Beaumontoir à Autrêches d’où il fût pris en charge par un réseau qui lui permis de regagner l’Angleterre .

Au printemps 44 les actions de sabotage s’intensifièrent :

  • L’OCM fit dérailler un train de chars près de la gare de Mercin.
  • La circulation des trains entre Compiègne et Soissons fut interrompue à trois reprises immobilisant les transports ferroviaires plusieurs jours à chaque fois .
  • Les lignes téléphoniques furent coupées elles aussi à différents endroits .
  • La circulation fluviale fut rendue impossible par le dynamitage de plusieurs écluses.

Toutes ces actions génèrent l’occupant, non sans danger pour les combattants de l’ombre.

Ainsi, alors que l’heure de la Libération avait déjà sonné en Normandie, Gabriel Cochet fut dénoncé et arrêté à son bureau de l’Aisne Agricole à Vic . Malgré les tortures, il ne parla pas et fut envoyé au camp d’extermination de Neuengamme près d’Hambourg . Il en revint après guerre très éprouvé .

(1)     Outre le caporal Lucien Baudet, l’équipe est constituée d’André et Fernand Couteau, de Lucien Gourlez, de Fernand Janowski et de Jean Dolinski

(2)     Ceux-ci auraient auparavant caché un ou plusieurs dignitaires du parti communiste après son entrée dans la clandestinité .

Les enrolements des volontaires sous la Révolution pour défendre la Patrie en danger

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31/12/13

Les enrôlements des volontaires sous la Révolution

pour défendre la Patrie en danger

 De l’histoire de la Révolution apprise en classe, il reste chez chacun de nous le souvenir des soldats de l’AN II immortalisés par Victor HUGO ; le souvenir de cette armée de va-nu-pieds révolutionnaires, mal équipés, peu entraînés, manquant de tout, mais n’ayant qu’une pensée : sauver la Révolution et le pays ; combattant contre l’ennemi intérieur et toute l’Europe coalisée .

Dans notre région, comme ailleurs, les exemples d’enthousiasme ne manquent pas . Ce sont ceux là que l’on a retenus, mais l’élan n’est pas unanime et les conscrits se font parfois prier pour partir défendre la Patrie .

L’ardeur est grande en 1791 lors des premiers enrôlements volontaires et le cas de Pierre Delamarre n’est pas isolé : il s’enrôle avec quatre de ses fils « regrettant que les deux autres soient trop jeunes pour servir la Patrie » .

Peu après, la Patrie est proclamée « en danger très imminent » par l’Assemblée Nationale .Les Autrichiens sont sous les murs de Verdun et de Lille ; Paris et le Nord du pays sont très menacés .

A Compiègne 120 volontaires s’enrôlent . Le District de Noyon, dont dépend Autrêches, fournit 300 hommes ; les registres d’enrôlement se couvrent de signatures . Sur l’un d’eux on peut lire « J’ai deux fils .Un seul peut servir la Patrie . Je le donne » !

Les offrandes s’accumulent : un citoyen fait remettre sa montre ; un autre envoie ses deux chevaux et offre 1.200 livres . Autrêches participe à la confection des équipements, des piques, des souliers …

En 1793 tous les Français de 18 à 40 ans, célibataires ou veufs, sont mis en état de réquisition permanent et chaque ville ou village doit fournir un contingent de soldats (il est prévu que si le nombre de volontaires est insuffisant, le complément sera trouvé par tirage au sort ).

La répartition village par village est fixée d’une manière précise mais à priori inégalitaire .

Ainsi, Autrêches doit fournir 10 volontaires alors qu’aucun n’est exigé d’Attichy . Comment l’expliquer ? Tout simplement par la différence dans le nombre de volontaires déjà fourni antérieurement, ce qui amène les autorités à compenser les effets de ce moindre zèle : 14 en 1791 et 1792 à Autrêches (944 habitants) alors qu’Attichy (avec une population moindre (857 habitants) a eu 23 engagements .

Autrêches ne se trouve pas seul dans ce cas . Saint-Christophe doit fournir 6 recrues : devant l’absence totale de volontaires, l’on rassemble tous les garçons et on les fait tirer un bulletin dans un chapeau. Tous les bulletins sont blancs  sauf 6 qui portent la mention « soldat » . C’est ainsi que sont désignés les volontaires …

Au moment de partir, seuls 4 se présentent : on fait sonner la cloche plusieurs fois de suite pour inciter les récalcitrants à se présenter : en vain !

Après trois jours de discussions « persuasives », la municipalité trouve 2 autres jeunes gens acceptant de se joindre aux 4 premiers . Le compte est enfin bon !

Deux mois plus tard, il faut fournir encore 2 autres soldats : l’un est trouvé rapidement en lui payant 175 livres, quant au second il fait monter les enchères à 200 livres, que la municipalité finit par lui accorder .

Même chose à VIC, où 3 des enrôlés par tirage au sort se dérobent : deux d’entre eux, les citoyens Callet et Maupré –charretiers de leur état- vont se réfugier à Autrêches où on les laisse tranquille . On les remplace là aussi par 2 autres ; quant au 3ème –le citoyen Vaillant- il est traité avec moins de clémence puisqu’on le ramène entre deux gendarmes de Bitry, où il s’était retiré .

Ainsi l’histoire locale permet-elle de vérifier, mais aussi de nuancer l’histoire officielle . Le zèle et la ferveur révolutionnaire furent spontanés dans beaucoup d’endroits, mais eurent à être stimuler à Autrêches et aux alentours .

 

 

Les pillages à Autrêches et à Sacy au xviiè siècle

                                                                       30/12/2013

 

 

Pillages à Autrêches et à Sacy

 

 

 

Guerres et invasions étrangères n’épargnèrent pas Autrêches non seulement au XXème siècle mais aussi aux siècles précédents . Ainsi on vit passer dans le village les hussards prussiens en septembre 1870 et en mars 1814 les cosaques du Major Comte de Witt, qui y firent étape et dont les feux de bivouac se voyaient très loin à la ronde.

 

Mais les guerres civiles causèrent également de grands troubles dans notre région . Ainsi au milieu du XVIIème siècle, seigneurs frondeurs et troupes fidèles au Roi s’affrontèrent durant des années.

 

Jean Colas Commelin, l’un des dix gentilshommes de la Maison du Roi raconta le pillage d’Autrêches en Soissonnais » par les soldats du Régiment de Picardie en décembre 1653 ; ses parents ne durent alors leur salut qu’à une fuite précipitée, revêtus de leur seule chemise .

 

Deux ans plus tard ce fut au tour de Sacy d’être ravagé : Sacy, dont les habitants, soucieux de préserver leurs biens les plus précieux, les avaient mis en sécurité –tout au moins le pensaient-ils- dans la demeure de Jean Péchenart . Péchenart était en effet un homme de guerre servant comme lieutenant au Régiment du Comte de Lambeth, lequel avait épousé la cause des princes frondeurs .

 

Leur calcul s’avéra mauvais ; en effet 500 à 600 cavaliers des armées du Roi, commandés par les Maréchaux de Turenne et de La Ferté vinrent au hameau qu’ils pillèrent tant et plus s’écharnant tout particulièrement sur la demeure de Péchenart .

 

Cette véritable razzia terminée, les soldats du roi s’en prirent aux habitants qu’ils dépouillèrent et contraignirent à abandonner leurs maisons « nus et en chemises » pour se réfugier à Vic afin d’éviter des traitements encore plus cruels .

 

Un fermier, Jérôme Carrière, avait été, lui, épargné car plutôt que de se mettre sous la protection de Péchenart, il s’était placé sous la sauvegarde du Maréchal d’Estrées, seigneur de Coeuvres et tout puissant Gouverneur de l’Ile de France .          

 

Néanmoins, cette protection fut de courte durée, puisque quelques jours après le pillage, les cavaliers revinrent et cette fois ne le ménagèrent pas plus qu’ils ne l’avaient fait des autres habitants, en fonçant les portes de sa maison, s’emparant de ses meubles et de ses hardes, battant ses grains . Il ne dut lui-même d’avoir la vie sauve qu’à une fuite précipitée à Autrêches chez le Commandant des Cheveau-légers du Cardinal de Mazarin auquel il conta sa mésaventure ; celui-ci mit alors à sa disposition une garde armée de cinq hommes de sa compagnie qui cantonnèrent un mois et demi à Sacy afin de protéger ce malheureux sujet du Roi .