Les meules du moulin de Ponfard

31/12/13
RH

AUTOUR DU MOULIN DE PONFARE

Grâce aux 78 mètres de dénivellation, du ru d’Hozier entre sa source au dessus de Montécouvé et le confluent de l’Aisne, de nombreux moulins s’installèrent jadis sur 18 kilomètres de rivage.
Neuf moulins existaient encore il y a un siècle . Deux se trouvaient à Autrêches, l’un à Hautebraye, l’autre à Ponfare . Trois autres avaient déjà disparu : le moulin de Chevillecourt, le moulin Rouge et le moulin de Massenancourt (tous deux sur le ru des Tanneurs).
En outre, nous savons que le moulin de Cagny appartenait aux seigneurs d’Autrêches qui en avait fait l’acquisition en 1636 ; ce moulin fut transformé en tordoir à huile en dépit des protestations des habitants de Saint Christophe contraints d’amener leur blé au moulin d’Hautebraye ou au moulin du Patard .
Le moulin de Ponfare date probablement du milieu du 12ème siècle, date à laquelle les moulins à eau se multiplièrent . Les paysans n’avaient plus alors à user leurs forces et leur temps à broyer le grain avec les antiques meules actionnées à la main . Autour du moulin s’établirent des habitations et en 1172 Enguerrand, abbé de Saint-Médard de Soissons autorisa les hommes de Vic à habiter auprès de Pont Buffard (Ponfare) moyennant trois sous par an .
Un étang servait de réserve d’eau du ru des Tanneurs avant 1914, tandis que le moulin de Ponfare avait été reconverti en scierie .
Venons en aux meules ; elles sont en silex aggloméré (pierre meulière) et proviennent de la Ferté sous Jouarre . Elles sont au nombre de deux : l’une la meule gisante reste immobile tandis que la meule supérieure (meule courante) reçoit par des engrenages la transmission de la force employée .
Inutile de rappeler que les meules, aujourd’hui presque introuvables, sont très recherchées pour leur qualité ornementale et leur pouvoir évocateur d’un mode de vie révolu . Sorties de l’eau vers 1975 lors du curage du ru d’Hozier, celles du moulin de Ponfare ornent depuis la jolie propriété de l’entrepreneur ….

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Les calvaires

13/2/2012

RH

 

 

LES CALVAIRES

Les croix sont là pour rappeler que nous sommes en terre chrétienne . Elles témoignent de la piété d’autrefois.

Trois croix subsistent à Autrêches –leur nombre était jadis 2 ou 3 fois supérieur. L’emplacement de certaines de celles qui ont disparu nous est connu : on peut même voir à l’entrée d’Hautebraye, dans le bas côté, des pierres taillées qui faisaient partie d’un socle, comme d’ailleurs sur la route de Saint-Victor, des restes de la croix Saint-Sébastien et enfin un socle au carrefour des chemins près de la ferme St Victor . Plus de trace en revanche de la croix située sur la route d’Autrêches à Moulin .

Comment se présentent-elles ?

Dans notre région, l’immense majorité des croix étant l’œuvre de tailleurs de pierre locaux, les dimensions et les modèles sont très proches les uns des autres . Rarement se trouve respectée la tradition du regard du Christ face à l’Ouest.

Elles constituent des repères :

La croix salue celui qui arrive au village.

Autrefois, chaque voie d’accès en comportait une à la limite des habitations, comme c’est le cas de la croix « Crépin-Cerf » à l’entrée de Chevillecourt en venant de Morsain . Elles peuvent constituer des limites entre hameaux (croix de « La Justice »).

De quand datent-elles ?

Leur emplacement est souvent extrêmement ancien, mais sauf rares exceptions ( » La Croix Xerol  » à Ressons ), elles sont postérieures à la Révolution.

Les croix de bois sont toujours récentes (celle située à la sortie de Chevillecourt en direction d’Autrêches date de 1912. Son histoire est racontée ci-dessous).

Le socle de pierre est généralement beaucoup plus ancien que la croix . Au cours des siècles, seule la partie tombant en ruine est remplacée, mais le socle subsiste, car il s’agit d’une borne sacrée dont l’emplacement fixé à l’origine est immuable. Autrefois, déplacer une croix aurait été sacrilège.

Une croix n’est jamais placée au hasard . Son érection obéit toujours à un motif précis . Ce qui donne son caractère à chaque croix, ce n’est pas seulement sa forme, c’est son accord profond avec le lieu, la végétation, le paysage.

A Autrêches, les processions avaient disparu dès avant la Première Guerre : la dernière, dont on a gardé le souvenir, avait lieu à l’Ascension et partait de l’Eglise pour aller au calvaire de « La Folie » au bord de la route allant d’ Autrêches à Hautebraye .  La croix avait été bénite et plantée à cet endroit par 3 missionnaires jésuites le dimanche 31 janvier 1745.

Aujourd’hui, même si la dévotion publique parait éteinte, les croix sont entrées dans notre patrimoine commun . Elles appartiennent à tous, croyants ou non croyants.

Préservons les de la marée de l’indifférence !

***

BREVE HISTOIRE DE LA CROIX DE CHEVILLECOURT 

La croix à la sortie de Chevillecourt, en direction d’Autrêches, est une croix de Mission . Comme ce type de croix, elle est en bois et, à vrai dire, comme toutes celles du début de siècle, sans charme et sans vie. Son origine nous est connue :

Inquiète de la faible piété de nos régions, l’Eglise considérait que la reconquête des esprits était à faire au début du XXème siècle .

Dans cet esprit missionnaire furent érigées des croix comme celle dont nous  parlons . Une photo nous montre  cette croix posée sur un catafalque noir porté en grande pompe de l’Eglise à son emplacement actuel, au milieu du clergé local et de la foule des fidèles, un beau jour de l’année 1912.

Son histoire est assez agitée :

En 1914,  elle se trouve au beau milieu des combats et n’y résiste pas . En 1938, à la suite d’un pari, un habitant éméché entreprit de l’abattre à coups de hache . Quatrevaux , le charron, répara les dommages . Puis ce fut une nouvelle fois la guerre .

Au début des années 80, un groupe de fidèles entreprit de la restaurer . Jean-Louis BRIET, ébéniste à Hautebraye  se chargea du travail . A cette occasion  on trouva au pied de la croix la liste des fidèles qui s’étaient cotisés en 1912 ainsi que des ossements .

S’agit-il d’une partie des insignes reliques de Saint-Victor ou bien de celles de Saint-François de Sales qui se trouvaient dans une chasse de l’Eglise avant la grande guerre ? C’est très probable, mais nous n’en avons pas la certitude .

Les puits

12/2/2012

RH

 

NOS PUITS

 

 

Les puits disparaissent progressivement de notre paysage.

Le dernier que nous ne verrons plus se trouvait rue Saint-Victor à Hautebraye. Comme beaucoup, celui-ci servait jadis à plusieurs familles des maisons avoisinantes . Il s’offrait au regard des passants qui avaient toujours connu sa margelle, ne peuvent que regretter sa disparition derrière un haut mur.

Souvent creusés à de grandes profondeurs (jusqu’à plus de 60 mètres au Tiolet), ils étaient indispensables avant l’avènement des adductions d’eau . Avec l’eau au robinet, on délaissa les puits, puis certains furent dallés ou comblés, le plus souvent sans autre raison que de faire place nette .

Les puits servent trop souvent de dépotoir . Comment s’étonner alors qu’on demande leur suppression . Des propriétaires de puits en ont fait, qui un puisard, qui des WC économiques,… polluant ainsi les nappes d’eau qui communiquent entre elles . Quelle ignorance et quel mépris pour ce qui se passe sous terre !

Fort heureusement ceci devient rare et, maintenant nombreux sont ceux qui entretiennent, protègent et même fleurissent ces vieux puits, qu’ils soient communaux ou qu’ils leur appartiennent.

Les puits offrent une grande variété d’architecture .

Ces bâtiments, destinés à la protection de l’eau et à sa remontée, étaient réalisés avec le goût du travail bien fait : rationnels et fonctionnels dirait-on aujourd’hui, en tout cas bien réfléchis souvent ingénieux . Il y a un rapport direct entre la façon de bâtir les maisons et les puits d’une même localité : même matériaux locaux, à une époque où on utilisait ce qu’on avait sur place, ici la pierre, là du bois, ailleurs de la brique, parfois deux matériaux . Leur forme est souvent de plan carré, mais dans notre région les puits ronds sont les plus fréquents . Suivant la profondeur de l’eau, les manivelles sont doubles . Ce sont les femmes et les enfants qui allaient chercher de l’eau pour les besoins ménagers.

Les villages sont faits de l’église, du château, des bâtiments publics , des habitations, mais aussi des puits, lavoirs, pigeonniers, mares…. Tout cela forme un tout .

En ce qui concerne nos modestes puits, creusés à main d’homme à de si grandes profondeurs, c’est un véritable gaspillage que de supprimer quelque chose qui n’est ni laid, ni encombrant et qui pourrait encore être utile !

Pourquoi aimer les vieux meubles, collectionner les moulins à café et toutes sortes d’objets qui nous parlent des hommes qui nous ont précédés et de ne pas garder ces humbles architectures, véritables forme d’archéologie vivante ; ils peuvent encore servir si, comme pour les vieux meubles, on se donne la peine de les entretenir d’autant que l’eau des puits est analysée chaque année pour contrôler la qualité des eaux captées que nous buvons.

La pierre SAINT-MARTIN

Le plus ancien « monument » d’Autrêches était presque entièrement enfoui jusqu’à ce que, dans les années 1980,  quatre vaillants retraités (MM Idée, Légierski, Moyen, et Primaux) décident de le dégager de sa gangue végétale . Ce bloc massif de grès se trouve quelques mètres à l’Est de l’entrée supérieure du cimetière . Il s’agit en fait d’un mégalithe fiché profondément dans le sol. 

Il a sa légende. En effet, la vénération dont cette pierre a fait l’objet tiendrait à l’empreinte laissée par le genou de Saint-Martin . La croyance voulut que Saint-Martin passant par là, descendit de cheval pour prier : l’infractuosité que l’on peut encore observer aujourd’hui serait la marque de la déformation du grès sous le genou du Saint.

Il était dommage qu’un témoignage de l’âge de pierre, vénéré depuis au moins l’implantation du Christianisme, soit aussi peu signalé et ce d’autant plus que les mégalithes sont peu nombreux dans la région.

Sans parler de la fameuse « pierre à pisser » de Gargantua et, hors le grès de la Fontaine de Saint-Sulpice de Bitry, on ne connaît en effet, que :

  • Le grès de Saint-Lucien devant l’église de Caisnes où l’on montre un trou pratiqué par le bâton du Saint ainsi que l’empreinte de son pied. En faisant trois fois le tour de la pierre en récitant des prières on y guérissait les maux de dents et les rhumatismes en frottant la partie malade sur le bloc vénéré .

  • La pierre Saint-Hubert au cimetière de Brétigny où l’on voit la trace du marche pied du Saint . Cette pierre était réputée guérir la rage.

On ne sait quel type de guérison venaient chercher les processionnaires à la pierre Saint-Martin. Hélas !