Le nom des nos rues

4/01/2013

par Remi Hébert

 

Le nom des rues d’Autrêches

Le premier cadastre de notre village a été établi en 1836 . Ce document est très important car il a été réalisé avant la révolution industrielle et les guerres qui ont bouleversé notre région . On peut présumer qu’il reflète une topographie et une toponymie vieille de plusieurs siècles !

Rapprocher les noms actuels des rues des trois hameaux d’Autrêches avec ceux du cadastre de 1836 est un exercice plein d’enseignements. A cette époque les trois hameaux étaient plus séparés qu’il ne le sont actuellement, si bien qu’il y avait une rue de Chevillecourt à Autrêches et comme chacun de ces hameaux se trouve au pied d’un plateau il y a de nombreux chemins de la Montagne.

Autrêches

 Actuellement,

Allant du nord au sud, le bourg d’Autrêches est traversé par

  • une longue rue « haute », la rue du Beaumontoir et son prolongement, la rue de la Horse à l’est,
  • une rue « basse », la rue Train qui mène à Massenancourt.

Ces rues sont reliées par de petites voies transversales :

  • La rue de la Montagne (Carlier)
  • La rue de la Bruche dont on voit le départ au n°21 mais qui tend à disparaître sous les broussailles,

Selon la même orientation, la rue de la Montagne Champion, en face de l’église, monte vers le plateau.

Autrefois, la rue « haute » s’appelait rue du Beau Montoir jusqu’à la rue de la Bruche, puis en allant vers l’est, prenait le nom de rue du Puits Richard (puits indiqué sur le cadastre) et ensuite encore rue de l’église.

Le chemin du Pucelage perdu descendait de la rue du Beau Montoir vers Massenancourt (nous avons eu beaucoup de mal à en retrouver les traces : il semblerait qu’il débouchait à la hauteur de l’actuel n° 32).

La rue Train sur laquelle donnait un fournil commun devenait rue de Courtabilé à partir de la rue de la Bruche . Elle ne longeait pas l’église qui était bordée par la rue du Pont Dron et la rue du Tournant de l’église .

La rue de la Tannerie descendait vers le chemin de la source Clairette .

Le chemin d’Autrêches à Chevillecourt traversait le ru nommé de la tannerie au pont de Lamotte .

La comparaison montre qu’aujourd’hui, le nom des voies a été simplifié en faisant disparaitre certaines appellations anciennes (ou en les réduisant) et en étendant d’autres.

Chevillecourt

 Actuellement ,

Le hameau est articulé autour de la départementale 42 qui prend le nom poétique de rue du Point du jour.

La rue du Tertre, la rue de l’Aisne, la rue de Ponfare et la rue Fontaine descendent vers le ru d’Osier. En revanche, la rue du Puits d’alouette, la rue du Moulin Rouge, la rue du Calvaire et le chemin de la montagne Blanche vont vers l’ouest.

La rue Grande monte du carrefour principal (la place du Grivoire) vers la carrière Paillot.

 

Autrefois,

Tous ces noms étaient mentionnés, mais il n’existait qu’un petit chemin du Point du Jour à l’entrée du hameau en venant de Morsain . Celui que l’on appelle maintenant ainsi, se nomma successivement : rue de Morsain, rue Chaude et chemin de Ponfare à Chevillecourt .

La rue des Champs portait le nom de rue du Vieux Moulin dans sa partie nord . La place du Grivoire formait un carrefour avec la rue Grande, la rue Guillot qui allait vers la Place du Tertre et avec la rue d’Autrêches vers l’ouest . A ce croisement, le cadastre situe un puits, peut-être le puits d’alouette !

L’ancien plan montre nettement l’existence de deux moulins : celui de Ponfare (anciennement Pont Buffard)  et  le Moulin Rouge avec leurs déversoirs . La retenue d’eau du Moulin Rouge était très particulière : des bassins avaient été creusés parallèlement, à une vingtaine de mètres au sud de la rue des Champs : ils étaient alimentés la nuit à partir d’un barrage établi sur le ru, à l’emplacement d’une cascade qui existe encore ; l’eau arrivait du nord sur les roues du moulin.

Un chemin (toujours existant) permettait, en venant de Morsain, d’éviter Chevillecourt pour aller directement à Autrêches : il passait par la rue de la Queue du Loup.

Hautebraye

Actuellement ,

A partir du rond point circulaire sur la D42, la rue de l’Hermitage remonte vers le nord, la rue Saint-Victor va vers l’ouest avec une bifurcation à la rue du Marais ; toutes deux donnent sur la rue de l’Ancien Pressoir .

La D42 prend le nom de rue Saint-Christophe ; vers l’est s’ouvre l’impasse Saint-Christophe ; un peu au sud, la rue Froidier va vers le ru d’Osier.

Autrefois,

Un calvaire se dressait au rond point . La D42 n’existait pas ! Elle empruntera par la suite une partie du tracé du chemin de la vallée de Hautebraye au Moulin Rouge . Pour aller à Chevillecourt par une meilleure route, il fallait monter vers Autrêches et bifurquer au chemin de la montagne Blanche qui devait être plus large qu’aujourd’hui ou encore passer par l’autre rive du ru.

Les noms de Saint-Christophe et Saint-Victor ne sont pas mentionnés ; la voie principale s’appelait simplement Grande Rue .

La rue de l’Ancien Pressoir n’existait pas ; son actuelle partie sud s’appelait rue du Marais ou « corps bas ».

Sur le ru d’Osier, le moulin de Hautebraye (appelé de Bréquigny autrefois) devait ressembler à celui de Ponfare . On y accédait à partir de la rue Froidier et par l’actuelle impasse Saint-Christophe qui s’appelait naturellement rue du Moulin.

 ***

La région hier plus rurale et davantage peuplée était jadis sillonnée par de nombreux chemins qui facilitaient la circulation des piétons, des cavaliers et des véhicules tirés par les chevaux ou les bœufs . Nombre de ces chemins ne sont peu ou plus utilisés de sorte qu’ils disparaissent inexorablement ou ne sont plus entretenus.

Autrefois, la vitesse ne dépassait pas 10 kilomètres à l’heure et les charges étaient faibles. Aujourd’hui, la motorisation permet d’augmenter la vitesse et les charges, mais demande des routes solides et bien tracées. Désormais, il convient de concilier sécurité et facilité de circulation en installant des dispositifs limitant la vitesse sur les grandes voies.

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Le noms de nos hameaux

12/2/2012

par Remi  Hébert

L’ORIGINE DU NOM DE NOS HAMEAUX

(et des lieux-dits)

AUTRECHES

Le plus vieux texte mentionnant Autrêches est un diplôme (un acte) émanant du roi Charles Le Chauve et datant de 858 dans lequel le hameau est appelé Atrepia ou Altrepia .

La forme primitive d’Altrepia serait due à l’assimilation du nom d’alta ripa « haute rive » à un composé en apia.

Le nom d’Altrechia (donné en 1142) aurait comme premier terme le gaulois altero voulant dire « de second ordre » et aurait comme sens petit ruisseau . Selon cette explication, le nom d’Autrêches tirerait donc son origine de sa situation dominant le filet d’eau qu’est le ru des Tanneurs (affluent du ru d’Hozier).

 

HAUTEBRAYE

L’origine parait ici tout à fait incontestable :

v  Haute provient d’une suite de déformations d’ultra qui veut dire au-delà de, outre.

v  Le mot Brai quant à lui signifiait boue en français du XIIe siècle et vient du gaulois « bracu » qui a le même sens .

La forme ancienne d’Hautebraye indique donc sans équivoque, qu’il s’agit d’un lieu situé au-delà des marais.

Cette explication est corroborée par la topographie de ce hameau dont les habitations  sont édifiées au-dessus d’une zone  marécageuse.

 

Le Tiolet

Tiolet, est un lieu ainsi nommé parce qu’un tilleul y poussait . De fait, jusqu’à la fin du XIXème siècle, un bouquet de tilleuls subsistait aux abords de la Ferme .

St-Victor (ferme)

A la différence de la ferme du Tiolet, cette ferme est relativement récente (milieu du XIXe siècle, mais reconstruite après guerre) . Elle est ainsi appelée par référence au Saint patron de l’église d’Autrêches.

 

Le Bout de Vaux

Tire évidemment son nom de sa situation au bout de la vallée. « Vaux » en  vieux français signifie « val » et ne subsiste que dans la locution datant du XVe siècle « par monts et par vaux ».

 

Chevillecourt et Massenancourt

Le suffixe « court » vient du bas latin » cortis » et désigne à l’origine la cour de la ferme, puis par extension, la ferme, puis le domaine rural, puis enfin  le village .

« court » était généralement accolé au nom de celui qui exploitait la ferme ; on peut donc supposer que ce sont de grands fermiers mérovingiens, proche du nom Massenau et Chevil qui seraient à l’origine de leur appellation .

La majorité des villages se terminant par « court » (ils sont 216 dans le seul département de l’Oise !) datent de l’époque mérovingienne, époque de défrichement de forêts et d’extension de la mise en culture du sol.

 

Pour mémoire, j’ai écrit une brochure éditée vers 1975 qui était consacrée à l’origine du nom des nombreux lieux-dits de la commune d’Autrêches .

L’hydrographie

12/2/2012

par RH

 

 

 

 

 

Réseau hydrographique d’Autrêches

 

Les cours d’eau ont perdu l’importance capitale qu’ils avaient jadis quand la vie des habitants dépendait pour beaucoup de l’eau de la rivière et de son énergie .

Néanmoins, un bref rappel de notre hydrologie n’est pas inutile.

Comme chacun le sait, le terroir d’Autrêches est traversé par le ru d’Hosier (appelé aussi autrefois d’Osier ou d’Hozien).

Ce ru, long de 18 kms, est orienté de l’Est vers le Sud-Ouest : c’est un fort ruisseau de 3 à 4 mètres de largeur qui prend sa source par 117 mètres d’altitude au dessus de la ferme de Montécouvé à Juvigny . Il passe à Bagneux, Epagny, Vézaponin, Morsain, avant de pénétrer sur le terroir d’Autrêches qu’il traverse sur quelques 3 kms ; rentrant ensuite dans le département de l’Aisne, passant à Saint-Christophe et arrivant à Vic, il se jette dans l’Aisne en aval du barrage éclusé .

Le ru d’Hosier coule dans une vallée assez peu large jusqu’à Hautebraye . La force du courant s’explique par un sensible dénivelé ; les hauteurs suivantes ont été relevées le long de son cours : 84 mètres à Bagneux ; 64 mètres à Vézaponin ; 55 mètres à Morsain et 51 mètres au pont d’Hautebraye.

A Autrêches, deux affluents viennent le grossir, il s’agit du :

  •  ru des Tanneurs qui prend sa source au-delà du Bout de Vaux et sur lequel se trouvait près de son confluent, un moulin dénommé « le moulin rouge » ;
  •  rue de Bonval,  qui prend sa source sur la commune, puis à 200 mètres de là, vient former la limite territoriale entre Autrêches et Saint-Christophe. Il coule à l’Est et au Nord de Bonval puis au Sud d’Hautebraye et rejoint le ru d’Hosier au point où celui-ci pénètre dans le terroir de Saint-Christophe . Ce ru a une longueur de 2.200 mètres .

Les eaux du ru d’Hosier servaient à l’alimentation de neuf moulins à la fin du siècle dernier à Epagny, Vézaponin, Eury (Morsain), Pontfard (Chevillecourt), Hautebraye, au Patard, et à Vic au Grand moulin et à l’église.

Aujourd’hui, s’il ne reste plus guère de traces des différents moulins d’Autrêches, en revanche, certains bâtiments ont subsisté en quasi-totalité (à Bagneux ou à Vic) ou, en partie (à Cagny).

Géologie

12/2/2012

RH

 

La Géologie

 

 

Les formations superficielles jouent un grand rôle :

 

  1. les      sols formés d’argile et de sable (très fertiles, de couleur ocre)      dont  l’épaisseur moyenne est de 5      m ; ils confèrent leur richesse au plateau.

 

  1. Les      sols plus sableux que l’on trouve sur certaines pentes : la pente Ouest      de la vallée d’Autrêches, aux confins des vallées d’Autrêches et de      Chevillecourt et, en quelques endroits sur la pente Nord de la vallée du      ru d’Hosier.

 

  1. Des      dépôts de fond de vallée résultant de l’accumulation continue de débris de      roches arrachés aux flancs des vallées par ruissellement et gravité,      dépôts surtout sableux  qui peuvent      atteindre plusieurs mètres d’épaisseur . On les retrouve dans les vallons      du plateau et les vallées .

 

  1. Les      dépôts récents, mélanges de sable et d’argile accumulés par les rivières      et rus, se trouvent dans les vallées très humides .

 

Le territoire de la Commune est composé d’un système de plateau profondément entaillé par des vallées .

 

On peut distinguer deux types de vallées :

 

–          Celles d’Autrêches et d’Hautebraye qui sont étroites

–          Celle, beaucoup plus large, aux pentes plus douces et plus développées, de Chevillecourt.

 

Le plateau culmine à 151 mètres d’altitude : à sa surface se trouvent les sols fertiles permettant les grandes cultures du Soissonnais . Son assise est constituée de calcaire grossier .

 

Les pentes sont composées, dans leur partie supérieure de  ce calcaire grossier (autrefois exploité pour la construction des habitations), puis apparaissent les sables plus ou moins argileux.

 

La dénivellation est de 50 à 60 m entre le rebord du plateau (120-130 m d’altitude) et le fond des vallées.

 

Les Sols

 

Les meilleurs sols se trouvent sur le Plateau : on leur doit les grandes cultures de la région .

 

Sur les bordures du plateau, en haut des pentes des vallées, ces terrains fertiles ont disparu, entraînées par les eaux de pluie : le sol est de moins bonne qualité.

 

En bas des pentes les sols sont généralement de qualité médiocre .

 

Les vallées ont généralement des sols plus évolués : des dépôts formés par les rus et rivières peuvent contenir des nappes d’eau avec accumulation de débris de plantes et de formation de tourbe. Ce sont alors des sols humides et marécageux.

 

 

Hydrographie

 

 

Il n’y a aucun écoulement sur le plateau, l’eau s’y infiltrant . Par contre les sources naissent au contact entre les roches perméables (calcaires, sables) et les couches imperméables (marnes, argiles) ; elles donnent naissance à des rus qui vont rejoindre le ru d’Hosier, lui-même affluent de l’Aisne.

Les armoiries d’autrêches

8/1/2013

 

Par Rémi Hébert

 

ARMOIRIES d’AUTRECHES

 

 blason   Le blason d’Autrêches reproduit ci-contre, peut toujours se voir à la clef de voûte de la chapelle de l’église, jadis dédiée à Saint Sébastien et à Sainte Barbe, au transept gauche de l’église .

 

 

Il a échappé à toutes les destructions, celles des révolutionnaires comme celles de la Grande Guerre

 

Il s’agit du blason de la famille des seigneurs d’Autrêches qui firent bâtir l’église, les Henin-Bossut ; leurs armes originelles étaient celles que l’on peut voir dans le quart supérieur gauche et le quart inférieur droit* .

 

Ce blason est divisé en quatre parties ou « cantons » dont les parties supérieures à droite et inférieures à, gauche sont subdivisées en deux . Pour expliquer cette subdivision ou « surcharge » un peu de généalogie historique est nécessaire :

 

Jean de Béthune épousa en 1351 Jeanne de Coucy, sœur d’un de ces fameux sires de Coucy qui se posaient en rivaux des rois de France . Leur fils, Jean II, seigneur d’Autrêches comme son père, fut tué en 1415 à Azincourt. La fille de Jean II, Catherine, hérita de la seigneurie et se maria à Jean de Hénin, seigneur de Bossut .

 

Cette union explique la modification des armes des Henin-Bossut* par la superposition à leur blason des armes d’Enguerrand VII de Coucy**qu’ils considéraient comme leur cousin. Celui-ci avait fait comme Jean de Hénin en ajoutant à ses armes celles d’Autriche, car sa femme n’était autre que la fille de l’archiduc d’Autriche !

 

Ceci reflète la toute puissance des Coucy qui pouvaient épouser la fille d’une des maisons les plus puissantes d’Europe, sans mésalliance pour celle-ci, mais aussi l’importance de la seigneurie d’Autrêches qui se reflète dans son blason où l’on trouve à la fois les armes  :

 

 

  • d’une glorieuse lignée (les Henin-Bossut),
  • des sires de Coucy
  • d’un état étranger : l’Autriche.

 

 

*    Une bande d’or (jaune) sur fond de gueules (rouge)

**    Fourrure de vair (fourrure s’inspirant des écureuils de Sibérie) .