Le Château d’Autrêches

12/3/2012

RH

 

 

Le Château d’Autrêches

Une plaque à l’entrée de la ferme de M. Hervé de Smedt indique opportunément :

 

« Ferme du Château »

 

Mais qui aujourd’hui pourrait soupçonner l’existence d’un château à Autrêches ?

 

Pourtant, un bâtiment, de taille conséquente,  existait bel et bien il y a encore un siècle ; il n’en est pas resté le moindre mur après la guerre, de sorte que l’on oublia jusqu’à son existence .

 

Néanmoins différents plans, dessins et documents nous permettent de restituer une partie de son passé . Ainsi, un guide de 1862 décrit-il le château  « comme étant un bâtiment très simple et solidement construit . Le principal corps de logis porte la date de 1574 . Des réparations dirigées peu artistiquement ont amené la suppression des tourelles et des lucarnes en pierre en meneaux croisés qui décoraient les toitures comme on en trouve dans les édifices de la même époque ».

 

Construit au milieu du XVIème siècle pour François de Bosbecq*, le château eut pour premiers occupants , sa fille, Catherine, Dame d’Autrêches et Nicolas de Gonnelieu, son époux** . Le château fut très restauré par la famille de Louvel (***) qui acquis la seigneurie d’Autrêches peu avant la Révolution pour venir y résider. Ainsi au début du XIXème siècle, trois des quatre fils du comte Marie-Alexandre-Edouard de Louvel  naquirent au château.

 

Une nombreuse domesticité y travaillait . En 1831, on recensait pas moins de cinq domestiques, un précepteur, un garde particulier, un cuisinier, un jardinier et une femme de chambre ; en outre, trois charretiers étaient employés à la ferme .

 

Cependant, vingt cinq ans plus tard, le personnel se limitait à quatre personnes : un domestique à gage, un chef cuisinier, un garde particulier et une femme de chambre .

 

Un contrat d’assurance que nous avons retrouvé fait, par ailleurs, mention d’un intérieur richement meublé et d’une abondance de glaces, pendules, ornements, bronzes, candélabres, porcelaines, cristaux, lustres, garnitures de cheminées …

 

Le dernier occupant du château fut le comte Marie Pierre Eugène de Louvel qui l’habitait en 1867 avec son épouse . Une fille naquit ; le comte devint veuf . Dès lors, il vécut seul entre un domestique et sa gouvernante en compagnie de ses nombreux chiens.

 

 

 

*jusque là, le manoir appelé « hôtel de La Salle » consistait en une maison, colombier et une cour fermée de murs avec jardin (dénombrement de 1542) .

**la construction semble avoir dépassé leurs moyens financiers (emprunt de 1.200 livres contracté le 31 janvier 1576).

***le 13 janvier 1820, un nommé Louvel assassina le Duc de Berry, second fils de Charles X . Le comte de Louvel obtint de s’appeler Lupel . Plus tard, l’ancien nom fut repris par la famille.

 

 

 

 

Les volets des fenêtres du château se fermèrent à jamais au début du 20ème siècle , mais jusque là, tout un ensemble castral avait subsisté au bas de l’église .  Il comprenait :

–          Le château et son parc

–          La glacière

–          La ferme et ses nombreux bâtiments

–          La pâture et les étangs .

 

La guerre transforma le domaine en ruines . Elles ne furent pas relevées car  l’héritière du comte de Louvel acquit une maison bourgeoise sise 2bis rue de Clamart à Compiègne avec les dommages de guerre perçus.

 

Le château avait vécu .

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