Le difficile achèvement de la reconstruction de l’église d’Autrêches

23/1/2013
Rémi Hébert

Le difficile achèvement de la reconstruction de l’église d’Autrêches

On sait qu’à la fin de la Grande Guerre, il ne restait de l’église qu’un énorme amas de pierres et quelques murs pantelants.

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Comment devait-on reconstruire l’église ? Fallait-il construire une église moderne ? Fallait-il reconstruire l’église telle qu’elle était en 1914 ? La question fut si longuement débattue que la décision ne fut prise qu’en 1927.
Plusieurs campagnes furent nécessaires pour mener à bien l’essentiel des travaux ; cependant en 1934, les entreprises se retirèrent et les ouvriers désertèrent le chantier : il n’y avait plus d’argent pour terminer l’église …
La municipalité multiplia les démarches, mais se heurta à des fins de non recevoir : il y avait forclusion et tous les crédits étaient épuisés .
Ne pouvant l’admettre, le Conseil municipal se réunit alors le 23 février 1936 pour déplorer la situation et regretter que, 20 ans après la guerre, l’achèvement et le financement des travaux soient devenus si problématiques .

En outre, le Conseil proteste contre l’attitude de l’administration « qui parait ignorer qu’il existe une municipalité à Autrêches, à tel point qu’il a été déposé dans cette église ouverte à tous vents du mobilier cultuel sans que personne n’ait été avisé » ; il ajoute « que ce mobilier se détériore et le jour où il devra servir, il sera complètement abimé et la commune sera dans l’obligation de le remettre en état ou de le remplacer ».

La protestation unanime du Conseil n’a pas d’effet immédiat puisque, dans les mois qui suivent, se dissout la coopérative de reconstruction des églises de l’Oise, qui considère avoir achevé sa mission.

Fin mai, arrive enfin une bonne nouvelle : Le Ministre de l’Education Nationale accorde une subvention.
Cependant le compte n’y est pas : pour clore le monument en terminant les baies des bas côtés et pour daller, il faudrait tripler la subvention . Aussi, le Conseil municipal demande qu’il soit paré au plus pressé et- que les fonds soient employés à mettre en état au moins une partie de l’église, de manière à abriter le mobilier et pouvoir y célébrer le culte.

Le 15 septembre, le Ministre décide d’augmenter la subvention.

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Comme les fonds se font attendre, le curé intervient à son tour auprès du Directeur Général des Beaux Arts et du Sénateur, en déplorant « que le chantier soit abandonné depuis 2 ans alors qu’Autrêches est la seule paroisse du département à rester sans église ouverte au culte » . Il insiste sur le fait que les anciens combattants et les nombreux touristes de passage ne peuvent visiter cette œuvre d’art « magnifique comme une cathédrale ».

En décembre, le Directeur Général des Beaux Arts donne son accord pour terminer l’église, mais prend son temps pour débloquer les crédits nécessaires…
Le 25 juillet 1937, le Conseil Municipal proteste contre la lenteur des travaux et demande leur accélération . L’architecte répond que cela est imputable à la carence de l’entreprise chargée des travaux mais que des dispositions ont été prises pour les accélérer. On met effectivement les bouchées doubles et le 7 novembre 1937, l’église put enfin être inaugurée au cours d’une cérémonie dont nos anciens gardent un souvenir ému .

N.B – En fait, l’église ne fut définitivement terminée que 50 ans plus tard, lorsqu’une petite équipe de bénévoles décida de retrousser ses manches afin de finir le dallage et de mettre en état l’un des escaliers de la Crypte .