L’école

2/1/2013

par Rémi Hébert

L’école à Autrêches

 

La présence de maîtres d’école à Autrêches est attestée par l’état-civil dès le XVIIème siècle.

Avant la Révolution, l’enseignement est étroitement dépendant du curé et est dispensé au presbytère ou au domicile du maître . En 1794, Lakanal pose les bases du système éducatif mais il faudra attendre 1833 et la loi du protestant Guizot pour que l’Etat rende obligatoire l’instruction primaire pour les garçons et impose à toutes les communes de plus de 500 habitants de pourvoir à l’entretien des écoles et à celle des maîtres .

En 1836, à Autrêches où il y a déjà 3 classes, le traitement du maître, jusque là payé en nature par les habitants, est porté à 400 francs.

A partir de 1849, la principale préoccupation du Conseil municipal devient la construction d’une école-mairie.

Comme, on ne peut pas tout faire en même temps, on commence par doter les filles… d’une école car « elles sont plus nombreuses et pour des raisons de haute convenance » . Leur école est édifiée sur un terrain situé derrière l’église . Pour financer son coût (7.775 francs), on vend des arbres et des terrains communaux . C’est insuffisant et les embarras financiers commencent pour la commune avec un déficit de 4.432 francs.

Néanmoins, après l’ouverture de l’école des filles en 1857, il faut se doter au plus vite d’une école pour les garçons . A cet effet, le Conseil municipal autorise en 1861 l’acquisition pour 6.500 francs d’une maison située sur la place de l’église pour y établir « une maison d’école et une salle pour la mairie » . Un devis chiffre à 2.548 francs, les travaux à y réaliser.

ecole-mairie

Derrière les arbres, la mairie-école

En 1862, l’Inspecteur d’académie donne son accord et en janvier 1863, le Ministère de l’Instruction publique accorde « un secours » de 2.500 francs pour aider financièrement la commune qui devra trouver le complément soit 6.548 francs en empruntant et en imposant les quatre Autrêchois les plus aisés .

Dès lors, des générations de petits autrêchois vont apprendre à lire, écrire et compter dans les écoles de la commune qui, à partir des lois Ferry vont être laïques, gratuites et obligatoires de 6 à 13 ans .

Les écoles s’équipent peu à peu (meubles, livres, établissement d’un gymnase en 1878…) mais s’avèrent vite exiguës . Ainsi, l’Inspecteur d’Académie, déplore-t-il en 1913, que pour 50 filles inscrites, l’école ne dispose que de 42 m2…

La guerre va bientôt tout interrompre et raser les bâtiments . Les écoles ne seront reprises que fusionnées provisoirement en école mixte à partir du printemps 1919 . A la rentrée, l’école est abritée par une baraque en bois.

école baraquement

Ecole provisoire

Cela durera des années . Le temps de reconstruire en dur .

Mais à quel emplacement devait-on reconstruire l’école ? dans le hameau ? à Autrêches ? à Chevillecourt ? dans un endroit équidistant de tous les hameaux de la commune ?

Projets d’implantation de l’école et projets ultérieurs (source AD Op466)

 

Le Conseil municipal et la population vont longtemps s’affronter et même se déchirer sur le sujet . C’est Chevillecourt qui l’emportera définitivement en 1926 et l’entreprise Rabais de Compiègne est chargée de la construction de l’école qui est toujours la notre aujourd’hui.

école actuelle

La mairie et l’école vers 1955