Les calvaires

13/2/2012

RH

 

 

LES CALVAIRES

Les croix sont là pour rappeler que nous sommes en terre chrétienne . Elles témoignent de la piété d’autrefois.

Trois croix subsistent à Autrêches –leur nombre était jadis 2 ou 3 fois supérieur. L’emplacement de certaines de celles qui ont disparu nous est connu : on peut même voir à l’entrée d’Hautebraye, dans le bas côté, des pierres taillées qui faisaient partie d’un socle, comme d’ailleurs sur la route de Saint-Victor, des restes de la croix Saint-Sébastien et enfin un socle au carrefour des chemins près de la ferme St Victor . Plus de trace en revanche de la croix située sur la route d’Autrêches à Moulin .

Comment se présentent-elles ?

Dans notre région, l’immense majorité des croix étant l’œuvre de tailleurs de pierre locaux, les dimensions et les modèles sont très proches les uns des autres . Rarement se trouve respectée la tradition du regard du Christ face à l’Ouest.

Elles constituent des repères :

La croix salue celui qui arrive au village.

Autrefois, chaque voie d’accès en comportait une à la limite des habitations, comme c’est le cas de la croix « Crépin-Cerf » à l’entrée de Chevillecourt en venant de Morsain . Elles peuvent constituer des limites entre hameaux (croix de « La Justice »).

De quand datent-elles ?

Leur emplacement est souvent extrêmement ancien, mais sauf rares exceptions ( » La Croix Xerol  » à Ressons ), elles sont postérieures à la Révolution.

Les croix de bois sont toujours récentes (celle située à la sortie de Chevillecourt en direction d’Autrêches date de 1912. Son histoire est racontée ci-dessous).

Le socle de pierre est généralement beaucoup plus ancien que la croix . Au cours des siècles, seule la partie tombant en ruine est remplacée, mais le socle subsiste, car il s’agit d’une borne sacrée dont l’emplacement fixé à l’origine est immuable. Autrefois, déplacer une croix aurait été sacrilège.

Une croix n’est jamais placée au hasard . Son érection obéit toujours à un motif précis . Ce qui donne son caractère à chaque croix, ce n’est pas seulement sa forme, c’est son accord profond avec le lieu, la végétation, le paysage.

A Autrêches, les processions avaient disparu dès avant la Première Guerre : la dernière, dont on a gardé le souvenir, avait lieu à l’Ascension et partait de l’Eglise pour aller au calvaire de « La Folie » au bord de la route allant d’ Autrêches à Hautebraye .  La croix avait été bénite et plantée à cet endroit par 3 missionnaires jésuites le dimanche 31 janvier 1745.

Aujourd’hui, même si la dévotion publique parait éteinte, les croix sont entrées dans notre patrimoine commun . Elles appartiennent à tous, croyants ou non croyants.

Préservons les de la marée de l’indifférence !

***

BREVE HISTOIRE DE LA CROIX DE CHEVILLECOURT 

La croix à la sortie de Chevillecourt, en direction d’Autrêches, est une croix de Mission . Comme ce type de croix, elle est en bois et, à vrai dire, comme toutes celles du début de siècle, sans charme et sans vie. Son origine nous est connue :

Inquiète de la faible piété de nos régions, l’Eglise considérait que la reconquête des esprits était à faire au début du XXème siècle .

Dans cet esprit missionnaire furent érigées des croix comme celle dont nous  parlons . Une photo nous montre  cette croix posée sur un catafalque noir porté en grande pompe de l’Eglise à son emplacement actuel, au milieu du clergé local et de la foule des fidèles, un beau jour de l’année 1912.

Son histoire est assez agitée :

En 1914,  elle se trouve au beau milieu des combats et n’y résiste pas . En 1938, à la suite d’un pari, un habitant éméché entreprit de l’abattre à coups de hache . Quatrevaux , le charron, répara les dommages . Puis ce fut une nouvelle fois la guerre .

Au début des années 80, un groupe de fidèles entreprit de la restaurer . Jean-Louis BRIET, ébéniste à Hautebraye  se chargea du travail . A cette occasion  on trouva au pied de la croix la liste des fidèles qui s’étaient cotisés en 1912 ainsi que des ossements .

S’agit-il d’une partie des insignes reliques de Saint-Victor ou bien de celles de Saint-François de Sales qui se trouvaient dans une chasse de l’Eglise avant la grande guerre ? C’est très probable, mais nous n’en avons pas la certitude .

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