Les enrolements des volontaires sous la Révolution pour défendre la Patrie en danger

RH                                                                

31/12/13

Les enrôlements des volontaires sous la Révolution

pour défendre la Patrie en danger

 De l’histoire de la Révolution apprise en classe, il reste chez chacun de nous le souvenir des soldats de l’AN II immortalisés par Victor HUGO ; le souvenir de cette armée de va-nu-pieds révolutionnaires, mal équipés, peu entraînés, manquant de tout, mais n’ayant qu’une pensée : sauver la Révolution et le pays ; combattant contre l’ennemi intérieur et toute l’Europe coalisée .

Dans notre région, comme ailleurs, les exemples d’enthousiasme ne manquent pas . Ce sont ceux là que l’on a retenus, mais l’élan n’est pas unanime et les conscrits se font parfois prier pour partir défendre la Patrie .

L’ardeur est grande en 1791 lors des premiers enrôlements volontaires et le cas de Pierre Delamarre n’est pas isolé : il s’enrôle avec quatre de ses fils « regrettant que les deux autres soient trop jeunes pour servir la Patrie » .

Peu après, la Patrie est proclamée « en danger très imminent » par l’Assemblée Nationale .Les Autrichiens sont sous les murs de Verdun et de Lille ; Paris et le Nord du pays sont très menacés .

A Compiègne 120 volontaires s’enrôlent . Le District de Noyon, dont dépend Autrêches, fournit 300 hommes ; les registres d’enrôlement se couvrent de signatures . Sur l’un d’eux on peut lire « J’ai deux fils .Un seul peut servir la Patrie . Je le donne » !

Les offrandes s’accumulent : un citoyen fait remettre sa montre ; un autre envoie ses deux chevaux et offre 1.200 livres . Autrêches participe à la confection des équipements, des piques, des souliers …

En 1793 tous les Français de 18 à 40 ans, célibataires ou veufs, sont mis en état de réquisition permanent et chaque ville ou village doit fournir un contingent de soldats (il est prévu que si le nombre de volontaires est insuffisant, le complément sera trouvé par tirage au sort ).

La répartition village par village est fixée d’une manière précise mais à priori inégalitaire .

Ainsi, Autrêches doit fournir 10 volontaires alors qu’aucun n’est exigé d’Attichy . Comment l’expliquer ? Tout simplement par la différence dans le nombre de volontaires déjà fourni antérieurement, ce qui amène les autorités à compenser les effets de ce moindre zèle : 14 en 1791 et 1792 à Autrêches (944 habitants) alors qu’Attichy (avec une population moindre (857 habitants) a eu 23 engagements .

Autrêches ne se trouve pas seul dans ce cas . Saint-Christophe doit fournir 6 recrues : devant l’absence totale de volontaires, l’on rassemble tous les garçons et on les fait tirer un bulletin dans un chapeau. Tous les bulletins sont blancs  sauf 6 qui portent la mention « soldat » . C’est ainsi que sont désignés les volontaires …

Au moment de partir, seuls 4 se présentent : on fait sonner la cloche plusieurs fois de suite pour inciter les récalcitrants à se présenter : en vain !

Après trois jours de discussions « persuasives », la municipalité trouve 2 autres jeunes gens acceptant de se joindre aux 4 premiers . Le compte est enfin bon !

Deux mois plus tard, il faut fournir encore 2 autres soldats : l’un est trouvé rapidement en lui payant 175 livres, quant au second il fait monter les enchères à 200 livres, que la municipalité finit par lui accorder .

Même chose à VIC, où 3 des enrôlés par tirage au sort se dérobent : deux d’entre eux, les citoyens Callet et Maupré –charretiers de leur état- vont se réfugier à Autrêches où on les laisse tranquille . On les remplace là aussi par 2 autres ; quant au 3ème –le citoyen Vaillant- il est traité avec moins de clémence puisqu’on le ramène entre deux gendarmes de Bitry, où il s’était retiré .

Ainsi l’histoire locale permet-elle de vérifier, mais aussi de nuancer l’histoire officielle . Le zèle et la ferveur révolutionnaire furent spontanés dans beaucoup d’endroits, mais eurent à être stimuler à Autrêches et aux alentours .

Publicités