Les pillages à Autrêches et à Sacy au xviiè siècle

                                                                       30/12/2013

 

 

Pillages à Autrêches et à Sacy

 

Guerres et invasions étrangères n’épargnèrent pas Autrêches non seulement au XXème siècle mais aussi aux siècles précédents . Ainsi on vit passer dans le village les hussards prussiens en septembre 1870 et en mars 1814 les cosaques du Major Comte de Witt, qui y firent étape et dont les feux de bivouac se voyaient très loin à la ronde.

Mais les guerres civiles causèrent également de grands troubles dans notre région . Ainsi au milieu du XVIIème siècle, seigneurs frondeurs et troupes fidèles au Roi s’affrontèrent durant des années.

Jean Colas Commelin, l’un des dix gentilshommes de la Maison du Roi raconta le pillage d’Autrêches en Soissonnais » par les soldats du Régiment de Picardie en décembre 1653 ; ses parents ne durent alors leur salut qu’à une fuite précipitée, revêtus de leur seule chemise .

Deux ans plus tard ce fut au tour de Sacy d’être ravagé : Sacy, dont les habitants, soucieux de préserver leurs biens les plus précieux, les avaient mis en sécurité –tout au moins le pensaient-ils- dans la demeure de Jean Péchenart . Péchenart était en effet un homme de guerre servant comme lieutenant au Régiment du Comte de Lambeth, lequel avait épousé la cause des princes frondeurs .

Leur calcul s’avéra mauvais ; en effet 500 à 600 cavaliers des armées du Roi, commandés par les Maréchaux de Turenne et de La Ferté vinrent au hameau qu’ils pillèrent tant et plus s’écharnant tout particulièrement sur la demeure de Péchenart .

Cette véritable razzia terminée, les soldats du roi s’en prirent aux habitants qu’ils dépouillèrent et contraignirent à abandonner leurs maisons « nus et en chemises » pour se réfugier à Vic afin d’éviter des traitements encore plus cruels .

Un fermier, Jérôme Carrière, avait été, lui, épargné car plutôt que de se mettre sous la protection de Péchenart, il s’était placé sous la sauvegarde du Maréchal d’Estrées, seigneur de Coeuvres et tout puissant Gouverneur de l’Ile de France .          

 

Néanmoins, cette protection fut de courte durée, puisque quelques jours après le pillage, les cavaliers revinrent et cette fois ne le ménagèrent pas plus qu’ils ne l’avaient fait des autres habitants, en fonçant les portes de sa maison, s’emparant de ses meubles et de ses hardes, battant ses grains . Il ne dut lui-même d’avoir la vie sauve qu’à une fuite précipitée à Autrêches chez le Commandant des Cheveau-légers du Cardinal de Mazarin auquel il conta sa mésaventure ; celui-ci mit alors à sa disposition une garde armée de cinq hommes de sa compagnie qui cantonnèrent un mois et demi à Sacy afin de protéger ce malheureux sujet du Roi .