Les premières semaines de la Grande Guerre

13/3/2012

RH

 

Les premières semaines de la Grande Guerre

à Autrêches

 

1 – L’avance Allemande

Dimanche 30 août 1914

Les armées allemandes continuent leur rapide progression en direction de Paris et approchent d’Autrêches . A quelques kilomètres de leurs éléments avancés, mêlés à de nombreux fugitifs des régions envahies, des éléments de l’arrière-garde anglaise traversent Autrêches . Les soldats ne s’attardent pas et , après une courte halte, partent le soir même en bon ordre et en chantant un hymne guerrier.

Lundi 31 août 1914

Pendant 5 à 6 heures, sans discontinuer, les colonnes allemandes traversent Autrêches ; les premiers arrivés sont reçus cordialement, on leur offre même fréquemment de quoi se nourrir et se rafraîchir … certains habitants les ont pris pour des anglais ! L’arrivée des cavaliers avec leurs longues lances met fin à la méprise . Une partie de la troupe passe la nuit dans les maisons du village et le lendemain reprend sa marche sur Paris .

Mardi 1er septembre 1914

Le 3ème Corps Allemand commandé par Von Lochow passe l’Aisne à Vic-sur-Aisne .

 

2 – Le recul allemand et le début de la bataille d’Autrêches              –    La reprise d’Autrêches –

Battues sur la Marne les premiers jours de Septembre, les armées allemandes se replient .

Vendredi 11 septembre 1914

L’armée Française traverse l’Aisne à Vic, son 35ème R.I. occupe Saint-Christophe, Hautebraye, tandis que le 42ème R.I. et le 60ème R.I. occupent le même jour Bonval et la ferme de Moufflaye qui est incendiée . L’artillerie allemande à la Croix Sainte Léocade retarde l’avance par de violents bombardements .

 

Lundi 14 septembre 1914

La 14eme division d’infanterie et la 28ème brigade attaquent ; leur objectif est de prendre pied sur la montagne de Chevillecourt . Le 35ème prend Chevillecourt à 6 heures du matin ; la fouille de toutes les maisons lui permet de faire une quinzaine de prisonniers . Ses éléments avancés arrivent à 2 kms de Morsain, tandis que le gros de la troupe occupe Massenancourt mais ne parvient pas à prendre pied sur le plateau où les Allemands se sont solidement retranchés cote 151.

Le 42ème arrive sans grande difficulté à Autrêches en passant par la Folie ; il pousse jusqu’au Bout de Vaux et atteint même la bifurcation des routes en bordure de plaine.   Isolé, il se replie sur Autrêches après avoir repoussé une contre-attaque allemande à Massenancourt ; le 60ème, lui, est empêché d’avancer et livre combat à Bonval et à Saint-Christophe ; ses pertes du jour sont de 4 morts, 57 disparus et 124 blessés .

Les Allemands contre-attaquent sans cesse,  repoussant les Français dans le ravin de Bonval ;  aux cris de Hurrah-Hurrah , leurs charges s’entendent jusqu’à Vic.

 

Les 15, 16 et 17 septembre 1914

Le 60ème attaque à nouveau mais plus à l’Est cette fois ; son 1er bataillon occupe la partie d’Autrêches que le 42ème avait abandonnée la veille ; le 3ème occupe Massenancourt et le second, Chevillecourt .

Le 308ème R .I. appuyé par le 42ème essaie de prendre pied sur le plateau avec comme objectif : le Tiolet . Les pertes sont lourdes : 15 tués et 133 blessés ou disparus sans que le but soit atteint . Même situation pour le 219ème R.I., qui attaque sans succès et avec beaucoup de pertes entre Moulin et Autrêches.

Les combats devenant acharnés et les pertes sévères, de nombreuses ambulances provisoires et des postes de secours sont installés à la mairie (à l’époque sur la place de l’église) et dans les granges de la ferme du château, ainsi que dans les maisons Desboves, Hicbacq, Fontaine, Collignon, Lepierre ; la nuit venue les blessés sont évacués à Vic.

Le curé d’Autrêches, l’abbé Verdier, assis sur une botte de paille dans la grange de Madame Vatel n’en finit pas de confesser les soldats voulant mettre leur conscience en règle avant de monter au feu : aussi finit-il par absoudre collectivement toute la troupe .

Il est évident que les allemands s’arc-boutent maintenant au terrain et  n’entendent plus reculer ; l’élan de la reconquête est brisé et, pour la première fois, les combattants commencent à creuser des trous individuels pour se protéger .

C’est dans ces conditions que va s’engager les jours suivants la bataille d’Autrêches.

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2 réflexions sur “Les premières semaines de la Grande Guerre

  1. À Cœuvres, tout comme à Autrêches, les soldats anglais sont passés « en bon ordre » lors de la Retraite de Mons. Albert de Bertier de Sauvigny, Maire de ce village, dans le livre PAGES D’HISTOIRE LOCALE 1914-1919 (ré-édité par l’Association Soissonnais 14-18) a écrit ses « Notes journalières et souvenirs » et à la date du LUNDI 31 AOUT 1914 , on peut y lire :
    « L’armée anglaise continue à passer, effectuant sa retraite dans un ordre parfait. » (p. 33) et il ajoute (p.33) «  C’est la 4e Brigade de la Garde Britannique. Personne ne peut s’empêcher de remarquer le bel état des chevaux et la bonne tenue des régiments. Tout est pansé, harnaché et astiqué comme pour une parade au Palais de Buckingham. Les aciers sont gourmettés, la boucletterie brillante et les cuirs reluisants. Dans certaines circonstances, un rien suffit parfois pour redonner confiance ; c’est ce que produit sur nous tous l’aspect remarquable de ces troupes. »
    Félicitations pour ce site très intéressant sur le village d’Autrêches.
    Cordialement
    Yvon DEBUIRE
    Membre de la Société Historique et Archéologique du Valois

  2. Les soldats du Corps Expéditionnaire Britannique aimaient beaucoup chanter. Quand ils sont passés ce dimanche 30 août 1914 par Autrêches, ils battaient en retraite mais eux, n’étaient pas d’accord avec leurs chefs. Eux, ils auraient voulu s’arrêter et affronter l’ennemi. C’était des soldats professionnels qui n’avaient pas besoin de chants guerriers pour se donner du courage. Comme à leur habitude, à Autrêches, ils ont certainement chanté des chansons d’amour. Ils aimaient bien The Girl I left behind La Fille que j’ai laissé dernière (moi). Lynn MacDonald raconte dans son livre 1914, the Days of Hope que le 15 août, en débarquant au Havre, les gens les acclamaient, leur donnaient du café, des fleurs, des cigarettes. Ils criaient « Vivent les Anglais ! » et qu’en une occasion au moins, les Français ont chanté la Marseillaise en leur honneur. Les Tommies, de bonne humeur et par jeu (une private joke) ont chanté une chanson d’amour humoristique qu’ils aimaient bien Hold out your hand, Naugty Boy ! Qui parlait d’un homme suspecté d’avoir été infidèle. Tend la main, Gros Vilain ! Pour qu’il se fasse taper sur les doigts. Cela les a amusés de voir les Français se mettre au garde à vous, pensant entendre l’hymne national des Tommies. Ce même 15 août les Irlandais des Connaugt Rangers débarquaient à Boulogne-sur-Mer en chantant It’s a Long Way to Tipperary. Ils avaient dû laisser à la maison The Sweetest Girl I know La fille la plus douce qu’ils connaissaient. Cette chanson est vite devenue très populaire auprès de tous les Tommies et aussi de leurs alliés. Yvon DEBUIRE (Néry)

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