La Ferme du Tiolet

20/10/2011

Un peu d’histoire de la ferme du Tiolet1

Le hameau du Tiolet tire son nom des tilleuls qui y poussaient et dont la présence a subsisté jusqu’à la fin du XIXè siècle.  La forme ancienne du nom est Thillolet, Tiollolet ou Tilloloy .

Plan de la ferme et des terres en dépendant (1758)

Grande ferme de plaine, située aux confins des communes d’Autrêches, Nampcel et Audignicourt, le Tiolet était jusqu’à la Révolution, une dépendance de la ferme de Puiseux, également propriété de l’abbaye Notre Dame d’Ourscamp.

Le document le plus ancien concernant le Tiolet est un parchemin vieux de plus de 600 ans conservé aux Archives départementales de l’Oise2.

D’autres documents, souvent difficilement déchiffrables, attestent des convoitises  que suscitaient les terres fertiles du Tiolet mais permettent aussi de connaître les dynasties familiales qui s’y sont succédé.

Un plan de la ferme et de ses terres a été dressé peu avant le renouvellement du bail en 1760 aux époux Quéquet-Lebrasseur, derniers fermiers de l’ancien régime. A cette date le loyer à payer aux religieux d’Ourscamp s’élève à 550 livres tournois, 150 setiers de blé « bon et loyal grain sain et sec » mesure de Noyon et 200 gerbes .

Sous l’ancien régime, les fermiers du Tiolet comptent parmi les notables d’Autrêches. Comme tels, certains sont enterrés à l’intérieur de l’église.

Devenue bien national lors de la Révolution, la ferme, ses 511 essins et 19 verges de bonnes terres sont estimées puis vendues en 1791 pour 100 100 livres à l’exploitant de la ferme de l’Epine à Vivières.  De nombreuses réquisitions se succèdent pour alimenter en grains les armées révolutionnaires et les villes .

En 1871, c’est à l’armée prussienne qu’il faut fournir 2800 kg d’avoine, 1320 kg de paille et … une pièce de vin.

Au XIXème siècle, des générations de Flobert se succèdent à la tête de l’exploitation. L’un d’entre eux Charles-Félix est maire d’Autrêches et conseiller d’arrondissement.

Arrive le XXème, sa révolution agronomique et la Grande Guerre. Située dans les lignes allemandes et occupée par des batteries d’artillerie, la ferme est rasée et les terres dévastées. La ruine est totale mais le Tiolet va renaître. La ferme est reconstruite en modifiant sa disposition mais la bâtisse est du même type que la précédente. Le puits est toujours au milieu de la cour de la ferme et il faut toujours chercher l’eau à 70 mètres de profondeur…

Des hommes particulièrement courageux s’attèlent à la remise en culture que beaucoup croient perdues à tout jamais. Dès 1921, 4 maisons abritent 20 personnes travaillant sous la conduite d’un chef de culture venu du Nord. Celui-ci, cède les rênes à Gérard Vandame, originaire du Nord lui aussi. En 1936, la reconstitution est presque achevée, le hameau comporte 6 maisons habitées par 32 personnes. On y dénombre les 10 membres de la famille Vandame et 6 ménages, tous Polonais. La page est tournée lorsque vers 1942, G. Vandame quitte la ferme et y est remplacé par le jeune Bernard Lefevre et ses parents4 qui cultivaient déjà la ferme du Bout de Vaux.

Vaste exploitation, avec les terres de l’ancienne ferme du Bout de Vaux et avec la Grange des Moines, le Tiolet poursuit son existence plus que millénaire . Il constitue avec les maisons qui bordent la ferme un hameau où vivent une vingtaine de personnes .

Rémi Hébert

1 Cet article est un résumé d’une étude plus complète, communicable sur demande adressée à l’auteur :  occulus3000@gmail.com .

2 AD 60 ; H 4176

3 AD 60 ; plan 941

4 Louis, Désiré, Gabriel (dit Gustave) Lefèvre, parrain de la cloche de l’église d’Autrêches qui « CHANTE LA PAIX en souvenir des morts du village et de tous les soldats qui y sont tombés au cours de la Grande Guerre ».

Géologie

12/2/2012

RH

 

La Géologie

 

 

Les formations superficielles jouent un grand rôle :

 

  1. les      sols formés d’argile et de sable (très fertiles, de couleur ocre)      dont  l’épaisseur moyenne est de 5      m ; ils confèrent leur richesse au plateau.

 

  1. Les      sols plus sableux que l’on trouve sur certaines pentes : la pente Ouest      de la vallée d’Autrêches, aux confins des vallées d’Autrêches et de      Chevillecourt et, en quelques endroits sur la pente Nord de la vallée du      ru d’Hosier.

 

  1. Des      dépôts de fond de vallée résultant de l’accumulation continue de débris de      roches arrachés aux flancs des vallées par ruissellement et gravité,      dépôts surtout sableux  qui peuvent      atteindre plusieurs mètres d’épaisseur . On les retrouve dans les vallons      du plateau et les vallées .

 

  1. Les      dépôts récents, mélanges de sable et d’argile accumulés par les rivières      et rus, se trouvent dans les vallées très humides .

 

Le territoire de la Commune est composé d’un système de plateau profondément entaillé par des vallées .

 

On peut distinguer deux types de vallées :

 

–          Celles d’Autrêches et d’Hautebraye qui sont étroites

–          Celle, beaucoup plus large, aux pentes plus douces et plus développées, de Chevillecourt.

 

Le plateau culmine à 151 mètres d’altitude : à sa surface se trouvent les sols fertiles permettant les grandes cultures du Soissonnais . Son assise est constituée de calcaire grossier .

 

Les pentes sont composées, dans leur partie supérieure de  ce calcaire grossier (autrefois exploité pour la construction des habitations), puis apparaissent les sables plus ou moins argileux.

 

La dénivellation est de 50 à 60 m entre le rebord du plateau (120-130 m d’altitude) et le fond des vallées.

 

Les Sols

 

Les meilleurs sols se trouvent sur le Plateau : on leur doit les grandes cultures de la région .

 

Sur les bordures du plateau, en haut des pentes des vallées, ces terrains fertiles ont disparu, entraînées par les eaux de pluie : le sol est de moins bonne qualité.

 

En bas des pentes les sols sont généralement de qualité médiocre .

 

Les vallées ont généralement des sols plus évolués : des dépôts formés par les rus et rivières peuvent contenir des nappes d’eau avec accumulation de débris de plantes et de formation de tourbe. Ce sont alors des sols humides et marécageux.

 

 

Hydrographie

 

 

Il n’y a aucun écoulement sur le plateau, l’eau s’y infiltrant . Par contre les sources naissent au contact entre les roches perméables (calcaires, sables) et les couches imperméables (marnes, argiles) ; elles donnent naissance à des rus qui vont rejoindre le ru d’Hosier, lui-même affluent de l’Aisne.

Les armoiries d’autrêches

8/1/2013

 

Par Rémi Hébert

 

ARMOIRIES d’AUTRECHES

 

 blason   Le blason d’Autrêches reproduit ci-contre, peut toujours se voir à la clef de voûte de la chapelle de l’église, jadis dédiée à Saint Sébastien et à Sainte Barbe, au transept gauche de l’église .

 

 

Il a échappé à toutes les destructions, celles des révolutionnaires comme celles de la Grande Guerre

 

Il s’agit du blason de la famille des seigneurs d’Autrêches qui firent bâtir l’église, les Henin-Bossut ; leurs armes originelles étaient celles que l’on peut voir dans le quart supérieur gauche et le quart inférieur droit* .

 

Ce blason est divisé en quatre parties ou « cantons » dont les parties supérieures à droite et inférieures à, gauche sont subdivisées en deux . Pour expliquer cette subdivision ou « surcharge » un peu de généalogie historique est nécessaire :

 

Jean de Béthune épousa en 1351 Jeanne de Coucy, sœur d’un de ces fameux sires de Coucy qui se posaient en rivaux des rois de France . Leur fils, Jean II, seigneur d’Autrêches comme son père, fut tué en 1415 à Azincourt. La fille de Jean II, Catherine, hérita de la seigneurie et se maria à Jean de Hénin, seigneur de Bossut .

 

Cette union explique la modification des armes des Henin-Bossut* par la superposition à leur blason des armes d’Enguerrand VII de Coucy**qu’ils considéraient comme leur cousin. Celui-ci avait fait comme Jean de Hénin en ajoutant à ses armes celles d’Autriche, car sa femme n’était autre que la fille de l’archiduc d’Autriche !

 

Ceci reflète la toute puissance des Coucy qui pouvaient épouser la fille d’une des maisons les plus puissantes d’Europe, sans mésalliance pour celle-ci, mais aussi l’importance de la seigneurie d’Autrêches qui se reflète dans son blason où l’on trouve à la fois les armes  :

 

 

  • d’une glorieuse lignée (les Henin-Bossut),
  • des sires de Coucy
  • d’un état étranger : l’Autriche.

 

 

*    Une bande d’or (jaune) sur fond de gueules (rouge)

**    Fourrure de vair (fourrure s’inspirant des écureuils de Sibérie) .

Les curés d’Autrêches

14/1/2013

par Rémi Hébert

Les curés d’Autrêches

 

1)  Sous l’Ancien Régime

 

ü  1590                          Pierre Roussel                       Vicaire

ü  1590-1593                  Jehan Lombart                    Prêtre-vicaire

ü  1593-1594                  Anthoine Dortie                   Prêtre-vicaire                                                                                    

ü  1601-1632                  Adrien Sarrazin                   Curé              

ü  1632-1634                  Pignon                                  Vicaire

ü  1634-1650                  Robert Huguet

ü  1650-1651                  Godart                                  

ü  1651-1696                  Philippe Lebrasseur             Curé,

nombreuses périodes d’absence mais signe les actes par intermittence

élu  doyen de Vic le 30 oct. 1660, assiste le 5 juillet 1667 à la bénédiction de « Marie », la petite cloche de Berny,  Bachelier es droit de l’université de Paris, ancien curé de St Martin de Soissons.

                                                                                             

Assurent l’intérim :

  • 1668-1670   François Brodin       (Prêtre-chanoine de Berzy et Vicaire

d’Autrêches) intérim assiste à la bénédiction de la grosse cloche d’Autrêches en 1662

  • 1683           Charpentier              Vicaire
  • 1687-1694   Gilles Fillion              Prêtre-prieur de Bellefontaine (Nampcel) ; il fait qqs baptêmes. Enterré au cimetière

        d’Autrêches en 1705

                             

ü 1693             Fleury                         sans doute vicaire de Lebrasseur,

     signe les actes

ü 1693             Cabot                                                   

 

 

 

 

ü 1695 -1696   Anthoine Levesque     Prêtre-vicaire

signe de nombreux actes ; enterré au cimetière d’Autrêches en août 1696 par Lebrasseur qui signe son dernier acte en octobre 1696.

 

 

ü  1696-1711                  Nicolas Marny                      Prêtre-vicaire,

enregistre ses armes (ci-contre)

 

 

 

ü  1711-1712                  Desmonceaux,                       Doyen de Vic,

Assurent l’intérim :

Séverin de Ham et Cyprien de Charly capucins du couvent de                          

Soissons

ü  8/1712-3/1743            Pierre Girard                        Curé

Fait une donation notariée à sa servante en 1723

 

Assurent l’intérim :

 

Casteau,                               Cordelier assurant son intérim

 

  • 1718                          Vincent de Coulogne           Capucin de Soissons,

 

  • 7/1721-8/1722          Nicolas Lebreton                Vicaire

 

  • 1727                          J-B Henry                            Vicaire

 

  • 1743                          Dechaumont                          Curé de Moulin                

Ambroise de Cambray            Capucin à Soissons              

 

 

 

 

5/1743 à 4/1770               Pierre-Antoine Roussel        Curé

Devient doyen rural de Vic .  En cette qualité, il préside la cérémonie d’inhumation du curé d’Attichy le 19 novembre 1760. Auparavant, le 1er juin 1760, il était présent à la bénédiction de  « Marie-Josèphe », petite cloche de Berny. Devenu chanoine de la cathédrale de Soissons fit transférer les reliques de St Victor dans une nouvelle chasse en 1776 et dans une autre, celles de St Pie V, St François de Sales et Ste Jeanne de Chantal .

 

Assurent l’intérim :

 

  • 1763                            Jean de Saint François Boucher,            profès des Feuillants de                 Blérancourt
    • 1764   Leclerc                                  Vicaire
    • 1766   Nusse                                    Vicaire

                                                                                                                                             Vinet                                       Vicaire

  • 1767                           Duval                                    Vicaire

                                                   Charles Wallet                     Vicaire

  • 1769                           Rigault                                  Vicaire

 

ü    9/1770 à 2/1782    Adrien, Denis, Benoist Le Tonnelier,

Curé 

Assiste en 1776 à Berny à l’inhumation du curé puis à celle de son petit-cousin Bouchet de Virly , conseiller du roi,…

ü     3/1782 à 4/1791   Jean- Louis Claudon-Delacade

                                               Curé .

Né à Vesoul en 1770 – Ancien jésuite ; docteur es-arts et philosophie, secrétaire de Mgr de Bourdeilles, évêque de Soissons de 1777 à 1782 .

 Refuse le serment constitutionnel et doit émigrer en Allemagne[1]

 

Assurent l’intérim :

 

ü 1784                            Quéquet                          Prêtre-vicaire

ü 1785                            Nicolas Gallet                 Vicaire

 

 

2)  Sous la Révolution

 

 

ü                  1791    Louis-Isidore Warnier,        Curé à/c du 22 mai[2].

Signe curé jusqu’au 11/12/1792 et officier public (maire) jusqu’au 11/11/17933 .

Achète les 23 esseins de terre dépendant de la cure (devenus biens nationaux) pour 3.975 livres (estimation 3.300 livres).

 

 

Ancien chanoine régulier de St Jean des Vignes, né à Blérancourt le 10 mars 1765. Elu curé d’Autrêches en mai 1791, il abdique le 4 frimaire an II (24 novembre 1793) et dépose ses lettres de prêtrise une semaine plus tard .

Il semble bien que ce soit un homonyme qui  se marie à Autrêches et qui y fera souche. 

Propriétaire à Blérancourt son lieu de naissance, Louis-Isidore Warnier y décède célibataire, le 18 août 1838.

 

ü                     1796 ( ?)                     Guillaume Roussel                    Curé de Juvigny en 1790 ; assermenté puis se retractant en mai 1797 après avoir

                                               prêté en 1796 le serment de haine à la royauté..

Semble s’être mis à l’abri à Autrêches  (où son parent Pierre-Antoine avait exercé auparavant) et où lui-même devint Ministre du culte . Meurt en 1803, curé de Juvigny .

 

 

3)  Après le Concordat*

                                                                                           

ü  26 Floréal an IX      Louis François des Essarts  né à Rieux (diocèse de Rouen), ancien chanoine de Noyon.

1er desservant concordataire, retiré à Autrêches où il « exerce par suite de bonne volonté et en tant de besoin 4 » jusqu’en 1806. Demande le 8 Février 1808 une indemnité pour son logement occupé par l’instituteur .

 

 

 

 

ü  1831 (ou avant) à 1876 (ou après) Jean-Baptiste Béasse

                                                                                 Né à Ballot (Mayenne) en 1800 –

Pie IX accorda à la paroisse en 1869 un office imprimé de St Victor et de ses compagnons.

 

ü              1881 (ou avant)        Louis Alfred Lardé               Né vers 1851

 

ü  1884-1885                  Denizart                                Desservant

 

ü                                       1886 à 1891                Flamant        Curé

Fusillé par les Allemands à Lagny le 12 septembre 1914

 

ü        1891-1895                  François-Auguste (ou Louis-Auguste) Joly          Né vers 1843 au Croutoy ; décédé à Autrêches le 16 février 1895 à 61 ans. Inhumé au cimetière de Croutoy

 

ü    1895    Pierre Truel                          Né en 1863, arrive le 13 juillet à Autrêches

 

ü        1901- 1906  Arthur Lefevre                 Né à Tupigny (Aisne)  le 25 septembre 1870 . Il convole avec  Marie-Elise  de 13 ans sa cadette,  la fille de Louis Deboves qui tient rue du Beaumontoir  l’auberge à l’enseigne de l’espérance. Le mariage est célébré le 11 décembre 1906 à la mairie du IVè arrondissement à Paris. Arthur Lefevre décède le 4 novembre 1955 à Ognes dans l’Aisne.

 

ü   1911 (ou avant)        Jean-Bertrand Verdier       Né à Bareilles (Hte-Garonne) en 1850

                                                                                          Curé lors de l’invasion, il raconte ses souvenirs dans « La Croix » du 15 mai 1917 et dans un livret « Souvenirs d’un prêtre Français prisonnier en Allemagne » .

Nommé  à Appremont après la guerre.

 

Après 1918,

 Comme le presbytère d’Autrêches ne sera jamais reconstruit, les curés iront habiter celui de Bitry, paroisse dont ils assurent la charge après 1918 . Leur périmètre s’accroîtra avec Saint-Pierre, Moulin et Nampcel ensuite.

 

ü     1921                               Guilbert puis Froment

ü     1926                               Postel (puis Le Pierre ?)

ü     1929                               Gabordel

ü     1934                                Postel

6. 

 

 

 

     Vers 1934                 Delaporte,                         Participe à l’inauguration en 1937 de l’église reconstruite.

 Dessert aussi Nampcel, enterré à Bitry.  

ü     1939                                 Martelli

ü     1941 ( ?) – 1955 (?)      Leclercq                        (réputé cleptomane; est toujours à Nampcel en févr. 55)

 

ü    1947 (?)-1971                 Collignon

    

ü  1971-1973                         Garnier                             Chanoine d’Attichy, assure l’intérim

 

ü  1973-1982                       Jean-Baptiste Chevrel       (réside à Nampcel)

 

 

 

 

Après cette date, la desserte est assurée par les Frères d’Attichy

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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PS – Une tombe anonyme au centre du cimetière est la sépulture des curés d’Autrêches .

    


[1]  «  Claudon me conseilla d’aller jusqu’à Zeigt » in mémoires de l’abbé Traizet. Reprend du service dans le diocèse de Soissons après le concordat.

[2]  Le district de Noyon décide de lui verser le 11 juillet 1791, son traitement pour les mois précédents. Le 28 sept. 1791, Claudon se voit attribuer quant à lui 646  livres, 13 sous et 11 deniers.

3  Dernier acte signé  le 20 brumaire an II (10 nov. 1793)

4, AD lettre du curé Daniel, 11 Ventôse an VIII, IV 47. –

*Du fait de l’incendie des archives diocésaines en 1940 mais surtout compte tenu de la mauvaise volonté de l’actuel archiviste diocésain, la liste des desservants n’a pu être davantage  complétée

La sucrerie

 

 

 

Après deux tentatives infructueuses au cours de la première moitié du XIX è siècle, la culture de la betterave démarra véritablement après l’abolition de l’esclavage et l’avènement du second empire au cours duquel la production fut multipliée par dix.

Pionniers, les départements du Nord de la France montrèrent la voie, rapidement suivis par d’autres. Dès 1857, l’Aisne 20% du sucre français était produit dans l’Aisne.

Comme à l’origine, le ramassage des betteraves se faisait avec des charrois à chevaux, il fallait nécessairement que l’usine se trouve à faible distance des lieux de culture. Ainsi, des sucreries furent créées en grand nombre et le département de l’Aisne en comptait déjà 32 en 1852 et 82 en 1886.

La création de la sucrerie d’Autrêches est due à François Honoré, distillateur de Marchiennes dans le département du Nord. Celui-ci acquit au début des années 1860 un grand terrain au Bout de Vaux bordé par le rû des Tanneurs d’une part et d’autre part par le chemin menant à Audignicourt et la rue du Beaumontoir.

Le 8 mai 1863, F. Honoré demande avec insistance l’autorisation d’ouvrir son usine en s’engageant à refouler entièrement les eaux usées vers la plaine. La production est lancée la même année.

Néanmoins, la création d’un établissement industriel à Autrêches se heurte à l’opposition farouche du comte Marie, Alexandre, Edouard de Lupel dont le château n’est guère qu’à un kilomètre de là. Comme par ailleurs, le rû traverse sa propriété sur 700 mètres, il entend qu’aucun rejet n’y soit fait car ses chevaux et ses bestiaux y boivent et son linge y est lavé. De surcroît, ses canaux sont abondamment empoissonnés. Il indique que si malgré cela, la sucrerie était autorisée, « sa demeure serait inhabitable » et refuse par avance toute indemnité compensatrice.

La production de la sucrerie commence en dépit de cette opposition tranchée. Le comte ne désarme pas néanmoins et adresse au préfet des lettres au vitriol dans lesquelles il indique que la construction de l’usine s’est faite sans autorisation après « l’achat à vil prix d’un emplacement détestable consistant en un bâtiment de ferme qui ne servait plus et en un marais près de la source qui alimente le pays ». Par ailleurs, il estime qu’une sucrerie à Autrêches est sans intérêt compte tenu de la proximité de telles usines à Nampcel et à Vic.

L’année suivante, le comte demande au préfet de l’Oise « l’arrêt immédiat de la sucrerie si les eaux devaient ne plus pouvoir aller en plaine » et  le rehaussement de la cheminée à la hauteur de la plaine « car une fumée infecte et épaisse a couvert les habitations du vallon pendant la fabrication en 1863. L’air respiré était nauséabond. » La copie de la lettre au préfet est reçue le 22 octobre 1864 par le maire d’Autrêches, le vicomte Marie, Gabriel, Gustave de Lupel1 qui n’est autre que le fils du récalcitrant.

Par lettre du 28 novembre 1864, F. Honoré est autorisé à mettre en service quatre chaudières et une machine à vapeur.

D’autres demandes sont formulées pour la construction d’un four à chaux la même année et d’un puits absorbant l’année suivante. La construction du four à chaux est autorisée le 30 septembre 1865 à condition qu’une cheminée de 15 mètres au moins soir édifiée. Une autorisation (provisoire) est également donnée pour construire un puits absorbant 1m3/mn.

Ainsi, malgré la vigueur d’une opposition acharnée, le comte n’a pu réussir à entraver la construction de la sucrerie ni son développement.

Que devint la sucrerie par la suite ? Force est de convenir qu’elle ne dût guère prospérer changeant plusieurs fois de mains pour être mise finalement en liquidation en 1877 après avoir été rachetée par les propriétaires de la sucrerie de Nampcel, Labarre, Fréville et Cie, puis par Labarre, Dujardin et Cie et enfin par Herbert et Cie.

L’essentiel du personnel permanent fut recruté dans le nord de la France d’où étaient originaires Auguste Dujardin, Léon Herbert recensés à Autrêches respectivement en 1872 et 1876.

En tout état de cause, il est certain que la sucrerie eut une existence bien éphémère.

Avant le lotissement en 2009 du terrain occupé jadis par la sucrerie, quelques vestiges témoignaient encore des installations industrielles construites par François Honoré il y a près d’un siècle et demi.

La disposition des installations de la sucrerie nous est connue avec précision par les plans en annexe.

Remi Hébert

1 Celui-ci devait décéder le mois suivant. Il fut remplacé par Ch. Flobert, cultivateur du Tiolet qui, de ce fait était probablement intéressé par une sucrerie à proximité de ses champs.

La pierre SAINT-MARTIN

Le plus ancien « monument » d’Autrêches était presque entièrement enfoui jusqu’à ce que, dans les années 1980,  quatre vaillants retraités (MM Idée, Légierski, Moyen, et Primaux) décident de le dégager de sa gangue végétale . Ce bloc massif de grès se trouve quelques mètres à l’Est de l’entrée supérieure du cimetière . Il s’agit en fait d’un mégalithe fiché profondément dans le sol. 

Il a sa légende. En effet, la vénération dont cette pierre a fait l’objet tiendrait à l’empreinte laissée par le genou de Saint-Martin . La croyance voulut que Saint-Martin passant par là, descendit de cheval pour prier : l’infractuosité que l’on peut encore observer aujourd’hui serait la marque de la déformation du grès sous le genou du Saint.

Il était dommage qu’un témoignage de l’âge de pierre, vénéré depuis au moins l’implantation du Christianisme, soit aussi peu signalé et ce d’autant plus que les mégalithes sont peu nombreux dans la région.

Sans parler de la fameuse « pierre à pisser » de Gargantua et, hors le grès de la Fontaine de Saint-Sulpice de Bitry, on ne connaît en effet, que :

  • Le grès de Saint-Lucien devant l’église de Caisnes où l’on montre un trou pratiqué par le bâton du Saint ainsi que l’empreinte de son pied. En faisant trois fois le tour de la pierre en récitant des prières on y guérissait les maux de dents et les rhumatismes en frottant la partie malade sur le bloc vénéré .

  • La pierre Saint-Hubert au cimetière de Brétigny où l’on voit la trace du marche pied du Saint . Cette pierre était réputée guérir la rage.

On ne sait quel type de guérison venaient chercher les processionnaires à la pierre Saint-Martin. Hélas !




Autrêches, Hautebraye, Chevillecourt

 Ce site met à la disposition de tous, nombre d’articles consacrés par Remi  Hébert à Autrêches et aux villes et villages avoisinants.

 

Il s’agit pour lui d’offrir au plus grand nombre, le fruit de recherches dans les domaines variés liés à l’histoire, aux hommes et au terroir menées à partir des sources fiables auxquelles il a pu accéder depuis 40 ans.

 

Il souhaite que tous les esprits curieux y trouvent ce qu’ils cherchent.